Si le premier volet de La Bataille de Gaulle, Résistance, en avait laissé quelques-uns sur faim, sa conclusion Liberté s'avère particulièrement convaincante et passe comme une lettre à la poste.
Plus cohérente, plus dynamique et mieux écrite que son prédécesseur, cette suite est surtout moins éparpillée. Le rythme n'est plus brisé par un récit d'apprentissage sans intérêt à Paris auprès du jeune Fernand, heureusement sacrifié à l'histoire. Au contraire, les différentes intrigues qui se déroulent en 1943 et 1944 pendant l'occupation allemande sont solidement imbriquées à l'aide d'un montage fluide et complexe.
Charles de Gaulle (Simon Abkarian, toujours impeccable) est encore coincé en Grande-Bretagne, plus isolé que jamais. Les États-Unis cherchent à mettre la mainmise sur la France en favorisant une marionnette: le général Giraud, incarné par Thierry Lhermitte, dont la présence cocasse rappelle sa participation à l'hilarant Quai d'Orsay.
Pendant ce temps, le général Leclerc (Niels Schneider, qui affiche une belle autorité) est sur le terrain miné en Afrique française, tentant de repousser l'ennemi avec ses troupes limitées. Les combats nécessitent des sacrifices et, bien que les séquences d'action s'avèrent spectaculaires, elles sont alourdies par des discours pompeux.
Le segment le plus intéressant demeure celui à Paris, tandis que Jean Moulin (excellent Félix Kysyl, découvert dans Miséricorde) et ses quelques fidèles (où brille Anamaria Vartolomei) tentent d'organiser la résistance. La tension est constante, le suspense dans le tapis et vivement que l'on puisse bientôt découvrir Moulin, la vision de Laszlo Nemes (Le fils de Saul) sur ce héros hors de l'ordinaire.
Évidemment, tout n'est pas parfait dans ce biopic écrit et réalisé par Antonin Baudry. La jolie trame sonore souligne tout, sans faire preuve de nuance. L'effort est grandiloquent et traîne en longueur, manquant souvent de profondeur. Il s'appuie surtout sur une mise en scène typiquement hollywoodienne, efficace à défaut d'être subtile, dont les immenses moyens financiers finissent par empiéter sur la personnalité du projet. Une ironie suprême au sein d'un long métrage où la France ne veut surtout pas se faire avaler tout rond par les États-Unis.
Le mélange entre les joutes politiques et l'aventure picaresque se voit toutefois gratifier de belles touches d'humour et même d'émotions qui surviennent à la toute fin, lorsque des images d'archives remplacent judicieusement la simple recréation historique. C'est là que se fait entendre le puissant poème Liberté de Paul Éluard, qui donne son nom au titre français du projet: J'écris ton nom. Frissons garantis.
La conclusion du diptyque donne surtout le goût de se lever, de sortir de l'ombre et de se battre pour la liberté. De résister aux forces de l'ombre et de lutter contre le fascisme ambiant avant qu'il ne soit trop tard. L'ensemble se déroule peut-être dans le passé, mais il parle également du monde d'aujourd'hui, de cette époque trouble où le chaos resurgit à chaque parole ou action d'un politicien controversé. Par les temps qui courent, il est difficile de trouver un film plus inspirant que celui-ci.
