Dans un monde réinventé, le gouvernement de New York interdit les relations sexuelles hors mariage. Les célibataires ont seulement une permission légale d’avoir des relations sexuelles pendant une fenêtre annuelle de douze heures. C'est dans cette prémisse aussi absurde qu'intrigante que Une seule nuit (One Night Only) s'établit. Le film repose avant tout sur le duo formé par Monica Barbaro et Callum Turner. Les deux protagonistes dégagent un charme naturel qui traverse l'écran. Leur complicité paraît spontanée, leurs échanges sont crédibles et leur présence donne une véritable âme au récit. Ils possèdent cette aisance propre aux comédies romantiques, où un regard ou une réplique suffit parfois à faire avancer la relation. Leur chimie permet au film de ne jamais perdre de vue son véritable moteur, celui de donner l'envie de voir ces deux personnages finir ensemble.
Le réalisateur Will Gluck revient avec cette nouvelle comédie romantique à la suite de son dernier succès Anyone But You. Une fois de plus, il conserve son sens du rythme et son talent pour les dialogues légers, tout en y ajoutant une touche de satire politique étonnamment efficace.
L'idée de départ pourrait diviser une partie du public. Un État qui contrôle le corps de ses citoyens, réglemente leur intimité et transforme le sexe en privilège administratif évoque inévitablement certaines dystopies politiques contemporaines. Plutôt que de s'enfoncer dans le drame, Will Gluck utilise ce contexte comme terrain de jeu pour construire une succession de situations absurdes, de quiproquos et de rencontres improbables. La satire est présente, mais elle demeure légère et volontairement ludique.
Pour bien apprécier le film, il faut assurément faire fi des clins d'œil au totalitarisme et au contrôle gouvernemental, qui ne sont d’ailleurs jamais remis en question par les personnages. Personne ne tente de le renverser ou d'y résister. Cette réalité semble avoir été acceptée comme une simple donnée de leur quotidien.
En se conformant à ces nouvelles règles du jeu, l’histoire d’amour prend le dessus et l’humour est prépondérant. Will Gluck démontre une fois de plus qu’il maîtrise les codes de la comédie romantique en livrant un film qui assume pleinement sa cadence effrénée et son côté très divertissant.
Malgré un contexte politique pour le moins troublant, Une seule nuit demeure un film léger et attachant qui se veut très accessible.
