Publicité
Resident Evil
Très bon
Très bon

Zach Cregger livre une des meilleures adaptations de jeux vidéo au cinéma

Le septième film est finalement le bon pour Resident Evil qui mélange avec maestria horreur, humour et suspense, gracieuseté du réalisateur de Weapons.

Contenu de la critique

Bande-annonce officielle en français  © Sony Pictures

Il aura fallu sept films pour adapter convenablement le jeu vidéo Resident Evil au cinéma. Après les "nanars" de Paul W.S. Anderson et le très oubliable Welcome to Raccoon City, la franchise semblait morte et enterrée. Elle renaît brillamment de ses cendres grâce aux bons soins de Zach Cregger. Un reboot qui plaira autant aux fans qu'aux néophytes.

Cela paraît que le réalisateur de Weapons et de Barbarian est un admirateur du jeu vidéo. Sa transposition encapsule l'esprit de Resident Evil 2 (un des meilleurs titres de la série) tout en développant une histoire autonome. Celle d'un coursier médical (Austin Abrams) qui doit se rendre dans une ville infestée de zombies.

La mort présente à chaque recoin est poussée à son paroxysme par le scénario de Cregger et de Shay Hatten (Army of the Dead). Le récit de survie se déploie de la première à la dernière image et il se veut particulièrement angoissant dans sa façon de mélanger le suspense à l'horreur. Les lieux sont souvent vides ou claustrophobiques, créant un sentiment anxiogène.

La mise en scène participe à ce climat morbide de fin du monde. Elle est élégante avec ses travellings qui sortent des sentiers battus jusqu'au moment où un jump scare fait brutalement sursauter. La profondeur de la photographie de Dariusz Wolski (la version originale de The Crow), surtout en format IMAX, permet de multiplier les zones sombres où la noirceur finit par tout avaler. On se surprend même à retenir sa respiration, notamment lorsque le silence s'installe ou que le son investit le hors-champ.

Il n'y a pourtant rien à prendre au sérieux. Cette version de Resident Evil s'avère d'ailleurs une grande comédie burlesque et grand-guignolesque, dans la lignée de son modèle: le film culte Evil Dead II de Sam Raimi. L'outrance mène le bal, le sang gicle de partout et les séances de démembrement feront hurler de rire tant elles sont grotesques. C'est absurde et complètement assumé.

Cette folie bédéesque se fait ressentir dans le jeu délectable d'Austin Abrams. L'acteur qui passe son temps à courir - comme dans Weapons - commente sans cesse de façon ironique ou désespérée ce qui lui arrive. Une performance humaine et attachante qui n'est pas sans rappeler un certain Bruce Campbell.

Non seulement la période est faste pour les longs métrages de zombies (cette année seulement, on a eu droit au mélancolique 28 Years Later: The Bone Temple et au délirant Colony), mais elle l'est également pour les adaptations de jeux vidéo. Il y a peut-être eu récemment le désastreux Return to Silent Hill et le quelconque Mortal Kombat II, mais surtout l'ingénieux Exit 8 et maintenant ce démentiel Resident Evil. S'il faut prendre cette farce au premier degré (la sous-intrigue avec l'amoureuse enceinte tombe à l'eau) et qu'elle paraît mineure dans la filmographie de son auteur (Weapons demeure évidemment plus marquant), personne ne voudra bouder son plaisir devant ce divertissement d'une efficacité sans nom, hilarant et épeurant à la fois, qui capte parfaitement l'ADN de la franchise vidéoludique.