Les dinosaures font des apparitions au grand écran depuis l’époque des films muets, mais il est indéniable qu’ils ont connu un regain de popularité avec Le Parc jurassique de Steven Spielberg, qui a fait courir les foules en 1993. Depuis, pas moins de six suites et dérivés de la franchise ont pris l’affiche, en plus de divers autres longs-métrages mettant en scène des dinosaures, dont Au bout de Oak Street est l’exemple le plus récent.
Nous sommes en 1982, dans une banlieue américaine tout ce qu'il y a de plus ordinaire. On y rencontre les Platt, un couple dysfonctionnel qui se dispute fréquemment et qui semble sur le point d’imploser. L’épouse, Denise (Anne Hathaway, L’Odyssée) écrit secrètement un roman à propos d’une femme qui rêve de quitter sa famille pour refaire sa vie. Son mari, Greg (Ewan McGregor, Star Wars épisode 1 : La menace fantôme) a secrètement perdu son emploi et boit en cachette. Quant à leurs deux adolescents, Audrey (Maisy Stella, Mon vieux cul) et Brian (Christian Convery, Le singe), ils ont leurs propres secrets impliquant des sentiments amoureux ou des conflits avec d’autres jeunes. Puis, lors d’une nuit pluvieuse, alors que leur chien Starbuck jappe sans raison apparente, le quartier de la famille Platt est soudainement téléporté à l’ère jurassique. Pendant le reste du récit, la famille Platt devra s’unir pour tenter de survivre face à un nombre incalculable de dinosaures...
Rocambolesque et abracadabrant, Au bout de Oak Street s’apparente à une vieille vue de série B ou à un épisode de La quatrième dimension dépeignant un phénomène de science-fiction inexpliqué. On sent également l’influence de Spielberg, non seulement à cause du Parc jurassique, mais aussi des films des années 1980 de sa société de production Amblin où la banlieue américaine devenait le théâtre d’événements hors du commun, notamment Poltergeist, Gremlins, Retour vers le futur et son propre E.T. : L’extraterrestre. Le producteur de Au bout de Oak Street, J.J. Abrams avait d’ailleurs déjà rendu hommage à cette époque dans Super 8.
Bref, le scénariste et réalisateur David Robert Mitchell (It Follows) ne réinvente pas le genre, mais il livre un divertissement sans prétention qui embrasse les clichés hollywoodiens avec enthousiasme et qui ne se prend pas trop au sérieux. On retrouve beaucoup de suspense, d’action et même un brin d’horreur dans Au bout de Oak Street, mais c’est surtout un film où on rigole franchement lorsque les dinosaures chassent et dévorent les habitants de ce quartier de banlieue. Car oui, ce ne sont pas les dinosaures qui manquent ici! Il y a une grande variété de créatures préhistoriques, parfois mignonnes, parfois terrifiantes. Mitchell peut compter sur des effets visuels à la fine pointe de la technologie, qui n’ont pas grand-chose à envier à ceux de la franchise Le Parc jurassique.
Voici un film qu’il fait bon voir dans une salle pleine de spectateurs qui réagissent fortement. Soulignons qu’il s’agit d’une rare production hollywoodienne récente qui ne s’étire pas sur plus de deux heures. En quelque 99 minutes, tout est bouclé, ce qui est rafraîchissant.
