Très populaire dans les années 1980 et 1990, grâce à de gros succès au box-office comme Fatal Attraction et Basic Instinct, le thriller érotique a connu un déclin par la suite. Mais depuis quelques années, de nouveaux exemples du genre sont produits par Hollywood, notamment La femme de ménage l’an dernier, une adaptation du livre de Freida McFadden. Également inspiré d’un roman, dans ce cas-ci signé par Colleen Hoover (Jamais plus), Verity promet à son tour de faire grimper la température dans les salles de cinéma.
Lorsque Jeremy Crawford (Josh Hartnett, Piège) rencontre Lowen Ashleigh (Dakota Johnson, Cinquante nuances de Grey) au coin d'une rue, elle est maculée de sang, venant d'assister à la mort d'un cycliste frappé par une voiture. Il réalise plus tard le même jour, lors d'une réunion chez un éditeur, qu’elle est l'auteure envisagée pour compléter la populaire série de romans de son épouse, Verity (Anne Hathaway, Le Diable s'habille en Prada 2), qu’un accident a rendue catatonique, incapable de marcher ou de parler.
Afin d’avoir accès aux notes et aux ébauches de l'écrivaine à succès, Lowen emménage chez les Crawford, dans une énorme maison d'architecte sur le bord d'un lac au Vermont. Un soir, la jeune femme découvre sur une clé USB un manuscrit où Verity dévoile les secrets les plus sombres et troublants à propos de sa vie avec son mari et leurs enfants, dont leur fillette qui s’est noyée récemment. Lowen développe parallèlement une attirance pour Jeremy, mais elle hésite à agir en ce sens, car elle a parfois l’impression de voir Verity bouger et la fixer...
Verity tisse un récit laborieux qui prend beaucoup trop de temps à mettre les choses en place, sans pour autant développer les personnages convenablement. La prémisse est par ailleurs invraisemblable, ce qui pourrait être excusable s'il y avait plus d'intensité narrative, mais les rebondissements tardent à venir. Le scénario de Nick Antosca effleure des thèmes potentiellement intéressants tels que la frontière floue entre la réalité et la fiction, l’aspect manipulateur que peut avoir l’action de raconter une histoire, ainsi que la nature insaisissable de la vérité, mais sans les explorer en profondeur.
De plus, le film souffre d’une réalisation fade de Michael Showalter, qu’on associe moins aux thrillers qu’aux comédies comme Mal d'amour ou au drame biographique Dans les yeux de Tammy Faye. Certains éléments, dont les flash-back de la rencontre et de la relation entre Jeremy et Verity, évoquent Les apparences, mais en bien moins efficace, Showalter ne possédant pas la maîtrise visuelle d’un David Fincher.
Reste la distribution, qui fait ce qu’elle peut avec du matériel laissant à désirer. Anne Hathaway a un rôle limité, sa Verity étant absente, au sens propre comme au sens figuré, pendant la majorité du film, laissant toute la place à Dakota Johnson et Josh Hartnett. Ces derniers tentent tant bien que mal de rendre excitante la tension sexuelle qui existe supposément entre leurs personnages, mais le thriller érotique auquel on s'attendait s’avère plus timide que torride.
