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Affiche du film La révolte
La révolte
Pauvre
Pauvre

Andrew Garfield dans un drame historique sombre et monotone

Loin d’être un réjouissant film d’aventures, La révolte souffre d’un scénario décousu et d’un style visuel qui semble anachronique. 

Contenu de la critique

Bande-annonce en français  © Universal Pictures

Peu avant la sortie de La révolte, la campagne promotionnelle a soudainement suggéré que c’était un film sur l’origine de Robin des Bois. Or, bien qu’il soit facile d’établir certains liens entre le protagoniste de ce nouveau long-métrage et le légendaire hors-la-loi de la forêt de Sherwood, surtout lors de l’épilogue (on n’en dit pas plus), le nom « Robin des Bois » n’est jamais mentionné, puis l’époque où se déroule le récit n’est pas celle de Richard Cœur de Lion et de la troisième croisade, mais plutôt celle de la révolte des paysans de 1381, près de deux cents ans plus tard.

Andrew Garfield (L’extraordinaire Spider-Man) joue un personnage qui se présente comme Ploughman (« le laboureur »), un simple fermier qui a perdu sa femme et ses enfants sept ans plus tôt, alors que la peste noire décimait la moitié de la population de l’Angleterre. Un jour, lorsqu’un collecteur d’impôts se présente dans son village de l’Essex et exige que chaque habitant paie une nouvelle taxe exorbitante, Ploughman réagit violemment et inspire un vaste soulèvement populaire. Les paysans en colère de l’Essex rejoignent bientôt ceux du Kent, qui sont menés par Wat Tyler (Cosmo Jarvis, Histoire de guerre), un ancien soldat, et John Ball (Jamie Bell, Les quatre fantastiques), un prêtre hérétique. Les milliers de rebelles marchent vers Londres et mettent la ville à feu et à sang, exécutant en pleine rue les traîtres qui se sont enrichis aux dépens du peuple...

Les événements dépeints dans La révolte sont intéressants, mais Paul Greengrass signe un scénario décousu où les personnages sont esquissés grossièrement et les enjeux ne sont pas toujours clairs. Lors de passages qui évoquent la série Game of Thrones, on a l’impression que le roi Richard II (Woody Norman, L’instant même), qui n’a que 14 ans, se fait manipuler par ses conseillers et est en fait bienveillant, mais ses actions ne reflètent ultimement pas cette impression. Ploughman brandit à plusieurs reprises une faucille, symbole communiste par excellence, mais les revendications des rebelles se résument à être moins taxés et à avoir plus de libertés, ce qu’on associe davantage à la droite capitaliste qu’à la gauche socialiste.

C’est toutefois la réalisation de Greengrass qui est l’élément le plus problématique de La révolte. Le cinéaste britannique opte pour des images aux couleurs désaturées, filmées caméra à l’épaule, avec un usage erratique du zoom et un montage saccadé, surtout durant les séquences les plus chaotiques, qui sont pratiquement indéchiffrables par moments. Ce style visuel convenait aux films d’action contemporains de Greengrass comme La mort dans la peau et La vengeance dans la peau, mais il semble anachronique dans un drame historique comme celui-ci.

Enfin, qu’il incarne une variation de Robin des Bois ou pas, Andrew Garfield livre une performance à fleur de peau dans le rôle d’un homme qui ne se sent pas du tout comme une figure héroïque. Son jeu est à l’image d’un film sombre et monotone, qui ne marquera assurément pas les esprits.