Publicité
La constellation du chien
Bon
Bon

Ridley Scott n'a pas dit son dernier mot avec son solide nouveau film post-apocalyptique

Ridley Scott plonge Jacob Elordi et une distribution choc dans un récit de survie qui transcende les clichés du genre.

Contenu de la critique

Bande-annonce finale en français

Ridley Scott est une véritable force de la nature. Bien qu'il soit âgé de 88 ans, le légendaire réalisateur de Alien et de Blade Runner continue à mettre en scène des superproductions comme Gladiator II et Napoleon. Cela fait toutefois du bien de le voir dans un registre plus intimiste avec The Dog Stars.

Le film adapté du roman de Peter Heller raconte le quotidien de survivants sur une terre ravagée par la pandémie. Quelque-uns ont abandonné l'espoir d'un retour à la civilisation, alors que d'autres y croient fermement. C'est le cas de Hig (Jacob Elordi), un pilote qui rêve de s'envoler vers l'eldorado avec son chien Jasper.

Ce sujet maintes fois exploré au cinéma (The Road, I Am Legend) est rehaussé par le scénario de Mark L. Smith (The Revenant) qui expose lentement les traumas de ses personnages. Comment vivre dans un monde où l'on a tout perdu? Mieux vaut survivre en se terrant seul ou prendre le risque de tomber malade en rejoignant les autres? Voilà des questions philosophiques qui tombent à point même si elles sont esquissés sommairement.

Le long métrage réussit le rare exploit de se réinventer à chacun de ses actes. L'introduction sent la liberté avec son héros qui cultive la terre, promène son chien et vole entre les montagnes. Un paradis retrouvé puis abandonné lorsque la réalité la plus cruelle réaffirme ses droits. Cela n'empêche pas de croire à un présent différent, où la romance se pointe le nez à l'horizon. Une parenthèse enchantée qui implose lorsque des forces extérieures font basculer le récit dans le western post-apocalyptique. Puis vient le dernier tiers, satirique et nihiliste, qui précède une finale rose bonbon et politiquement conservatrice.

D'ici là, le style de Ridley Scott se fait ressentir lors des scènes d'action violentes et spectaculaires. Les moments contemplatifs manquent de rythme et se veulent parfois ennuyantes. Mais ce n'est rien que font oublier les paysages à couper le souffle d'Erik Messerschmidt (acolyte de David Fincher depuis Mank).

Les personnages relèvent des archétypes d'usage, qui vont du parfait héros à son bras droit cynique en passant par sa petite amie à usage unique. Rien qui sort du lot, bien que l'interprétation soit plus que satisfaisante. Le charismatique Jacob Elordi (Frankenstein) affiche la fourgue de la jeunesse et il ne s'en laisse pas imposer devant le truculent Josh Brolin (Weapons), tout en formant un couple crédible avec Margaret Qualley (The Substance). Le reste de la distribution comprend le toujours excellent Guy Pearce (The Brutalist) et Allison Janney (I, Tonya), étonnante dans un contre-emploi.

« Je cherche toujours à explorer de nouveaux personnages, de nouvelles régions et vivre de nouvelles expériences », me confiait Ridley Scott lors d'une entrevue réalisée en 2006 pour la sortie de A Good Year. Il y parvient encore 20 ans plus tard avec The Dog Stars, un 30e long métrage de bonne tenue qui, sans briller par son originalité, suscite des réflexions intéressantes sur la quête d'humanité dans le monde qui nous entoure.