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Insidieux : Hors du plus loin
Bon
Bon

Le meilleur Insidious depuis l'original

La franchise Insidious redevient pertinente grâce à Out of the Further, un sixième épisode intense à souhait qui procure une bonne frousse.

Contenu de la critique

Bande-annonce officielle en français  © Sony Pictures

Qu'ont en commun Insidious et Saw? Les surprenants premiers tomes signés par James Wan sont devenus cultes, créant de lucratives franchises dont chaque nouvel épisode rivalisait de médiocrité. La grosse différence, c'est que le sixième volet d'Insidious, intitulé Out of the Further, apporte enfin un peu de respectabilité à la série.

Tout cela est possible en amenant du sang frais à une production devenue moribonde. Exit Leigh Whannel, scénariste de la première heure, et bonjour Jacob Chase, qui avait réalisé le satisfaisant Come Play. L'occasion est donc idéale d'enterrer le passé pour mieux repartir sur de nouvelles bases.

Cela se fait ressentir dès l'introduction particulièrement tordue. Les scènes angoissantes se succèdent et elles sont diablement efficaces. Une séquence supprime le son afin de créer un malaise de silence. Une seconde multiplie les couloirs à l'infini, comme dans Backrooms. Puis il y a une séance chez le dentiste dont on n'oubliera pas de sitôt.

L'ensemble est tellement efficace qu'on en vient presque à oublier l'histoire, d'un intérêt limité. Une mère de famille (Amelia Eve) a le pouvoir de voyager dans l'au-delà, un purgatoire qui ne ressemble en rien à celui de Dante. Elle peut même à la manière de A Nightmare on Elm Street ramener des âmes perdues. Sa quête ultime est de réparer les traumas générationnels de sa famille, de mieux comprendre la mort violente de sa mère et de protéger sa fille. Sauf que le Mal cherche à s'infiltrer dans notre monde et quelqu'un devra l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard.

L'intrigue ne fait aucun sens et elle devient de plus en plus risible, jusqu'à sa conclusion kitsch à souhait. Le scénario délirant de Chase ne se prend toutefois pas au sérieux et s'assume haut la main. Il faudra demeurer pendant le générique de fin pour assister au moment le plus drôle du récit. Cette absurdité chronique n'empêche pas les comédiens de jouer dans le ton. Amelia Eve (de la série The Hauting of Bly Manor) apporte une verve certaine à son personnage de mère au bord de la crise de nerfs, rappelant une certaine Naomi Watts. On retrouve même Lin Shaye, éternel fil d'Ariane de la série.

« Ce qui est important dans les films d'épouvante, c'est le sentiment de terreur et d'effroi», me confiait James Wan en entrevue, rencontré en 2011 lors de la sortie du premier Insidious. C'est ce qui faisait le charme de l'original, qui manquait cruellement aux nombreuses suites et que l'on retrouve ici. Un souci de soigner l'ambiance et l'atmosphère en faisant monter la tension. Le reste appartient aux sursauts de peur (jump scares), présents en un nombre incalculable, qui finissent par procurer une bonne frousse par leur intensité.

Évidemment, on ne se tournera pas vers Out of the Further pour révolutionner le cinéma horrifique. De ce côté, mieux vaut découvrir l'incroyable Teenage Sex and Death at Camp Miasma qui est présentement à l'affiche. Mais un peu à l'image de Final Destination: Bloodlines, le résultat final s'avère divertissant et jamais ennuyant, s'apparentant à un de ces plaisirs coupables que l'on voudra savourer entre amis. C'est déjà beaucoup pour un épisode d'Insidious, une série morte et enterrée depuis belle lurette.