Réalisé par Louis Bélanger (Post Mortem, Gaz Bar Blues) et produit par Denise Robert (Les Invasions barbares, De père en flic), 125, rue des Malaises réunit des comédiens parmi les plus aimés du public québécois : Rémy Girard, Geneviève Schmidt, Pier-Luc Funk, Claude Legault et Guylaine Tremblay. Sur papier, difficile de demander mieux. À l’écran, pourtant, cette réunion de talents ressemble parfois davantage à une fin de semaine d’improvisation entre amis qu’à un film véritablement abouti.
L’histoire, c’est celle de Laurent Perrier (Rémy Girard), qui a pris une décision irrévocable : recevoir l’aide médicale à mourir. Or, il n’est pas malade et semble même en pleine santé. Il ne souhaite pas mourir par désespoir, mais par conviction profonde (il va d’ailleurs invoquer plusieurs bons arguments tout au long du film). Avant son départ, il veut régler ses affaires et s’assurer que rien ne restera en suspens. Il convoque donc sa fille (Geneviève Schmidt) dans sa maison de campagne. Mais alors que la situation est déjà tendue, un inconnu frappe à la porte (Pier-Luc Funk) et fait voler en éclats le fragile équilibre familial. Car oui, ce jeune homme qu’on croit être « le gars de la pelouse » est en fait… le fils illégitime de Laurent.
Ajoutez à cela une notaire (Guylaine Tremblay) qui doit lire un testament assez peu conventionnel et un voisin (Claude Legault) qui refuse de lâcher prise autant face à son épinette qu’à cet ami qu’il ne veut pas voir partir…
Le sujet est actuel et important. Il aurait pu donner lieu à une réflexion sensible et audacieuse sur l’autonomie, la mort, le poids des secrets et l’amour maladroit. Le film effleure toutes ces pistes sans jamais vraiment les approfondir. Ce qui se voudrait « une comédie humaine tendre et pertinente » devient plutôt un drame auquel on adhère à moitié, alourdi par des changements de ton un peu trop abrupts.
D’une scène à l’autre, 125, rue des Malaises hésite entre la farce, le drame familial et la réflexion existentielle. Il aurait fallu choisir : aller beaucoup plus loin dans l’émotion ou, au contraire, assumer complètement l’absurdité de la situation et nous faire rire aux éclats. Coincé entre les deux, le film ne sait jamais vraiment sur quel pied danser et nous laisse… malaisés.
La distribution demeure le principal attrait. Rémy Girard possède toute la gravité nécessaire pour porter un tel personnage, tandis que ses partenaires trouvent quelques moments efficaces. Mais même d’excellents interprètes ne peuvent donner de la profondeur à des personnages trop sommairement dessinés.
Le film n’est pas une catastrophe. Il est simplement décevant, surtout devant une telle équipe et un sujet aussi riche. On en ressort moins bouleversé qu’embarrassé, avec le sentiment d’avoir assisté à une série de scènes vaguement reliées.
