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Affiche du film François.e
François.e
Très bon
Très bon

Quand le divertissement fait du bien!

Louis Morissette endosse certainement le rôle le plus ambitieux de sa carrière dans ce long métrage bienveillant et pertinent, qui fait office d'excellent divertissement.

Contenu de la critique

Bande-annonce officielle en français  © Les Films Opale

Ce mercredi arrive sur nos écrans une proposition qui va assurément susciter beaucoup de réactions et de discussions, le film québécois François.e des scénaristes Gabrielle Boulianne-Tremblay et Jean-François Léger, dans lequel Louis Morissette endosse certainement le rôle le plus ambitieux de sa carrière. Un long métrage pertinent, qui arrive à point nommé, alors qu’on sent un triste recul dans les mentalités depuis quelques années. Il est temps d’ouvrir nos horizons...

Dans François.e, Louis Morissette incarne François, un scénariste de 50 ans, sur le déclin autant d’un point de vue professionnel que personnel. Alors que son travail a été mis sur le bas-côté par l’industrie depuis quelques années, François décide de proposer son nouveau scénario en cochant avec arrogance la case « transgenre », espérant ainsi faire partie d’un « quota » qui ferait en sorte que son œuvre voit le jour. Ce faisant, une nouvelle vie s’ouvre à lui, pour le meilleur et pour le pire. Pris dans un engrenage qu’il ne contrôle plus, François fera appel à une autrice trans pour l’aider à mener à bien son plan.

À l’encontre du parcours épineux de François dans l’histoire, l’équipe du film, elle, a pris les bons moyens et les bonnes décisions pour livrer un long métrage intelligent et sensible, qui s’élève définitivement au-dessus de la mêlée. Si l’introduction a des allures hollywoodiennes (👋 au clin d’oeil hilarant à Pretty Woman!), on pense évidemment à Tootsie et Madame Doubtfire, le scénario tire rapidement un trait sur ces poncifs pour laisser place à une réflexion plus importante et profonde, portée par des personnages pluridimensionnels.

L’autrice Gabrielle Boulianne-Tremblay et l’auteur Jean-François Léger ont fait un magnifique travail et livrent une œuvre fascinante, parfois drôle, souvent émouvante, qui a le mérite de faire réfléchir pour les bonnes raisons. En suivant le personnage de François, les spectateurs seront à même de comprendre à la fois ce que les personnes trans peuvent vivre et endurer pendant leur cheminement, mais aussi à quel point ces personnes assumées reflètent des valeurs d’ouverture, de respect et de sincérité qui devraient en inspirer plus d’un. En ce sens, François.e fait œuvre utile, tout en étant un divertissement de qualité.

Pour sa part, le réalisateur Jean-François Asselin met en lumière ses comédiennes et comédiens avec beaucoup de bienveillance, épiant chacune de leurs réactions avec délicatesse. Le résultat est porté par une trame sonore franchement délicieuse, au sein de laquelle on retrouve notamment du Indochine et Les louanges. Dans un rôle périlleux, Louis Morissette évite la caricature et se montre à la hauteur et très juste, cédant régulièrement la lumière à sa covedette, Pascale Drevillon, dont le talent et la beauté irradient à l’écran. Ce duo s’avère particulièrement magnétique, à tel point qu’on en aurait pris plus.

À leurs côtés, on retrouve Robin Aubert (tellement parfait), Rachel Graton, Cassandra Latreille, Mounia Zahzam, Irdens Exantus et Naïla Louidort, dont les personnages représentent une ouverture d’esprit qui fait du bien, de même que Geneviève Schmidt, toujours excellente, Denis Marchand et Annick Bergeron. Avec Pascale Drevillon, ceux-ci se partagent l’une des scènes les plus marquantes du long métrage, quand le personnage de Sarah retourne vers ses parents qui résistent à sa nouvelle identité de genre.

Au final, François.e est une accolade nécessaire qui, nous l’espérons, contribuera à élever le discours ambiant et nous faire grandir. C’est aussi un divertissement estival franchement efficace qui s’adresse à tout le monde, même aux plus jeunes, et qui invite à considérer les autres avec un peu plus d’humanité et de compassion. Il n’y a donc aucune bonne raison de bouder ce film, dont la principale aspiration est de faire du bien. Et ça fonctionne!