FRANÇOIS.E, UNE BELLE RÉUSSITE !
Bock-Côté n’a pas aimé François.e. Le contraire aurait été bien étonnant. Ce genre de film ouvert à la diversité conforte sa thèse selon laquelle l’homme blanc hétéro « ne sera plus qu’un quota ethnique ridicule, caricatural, le bois mort de l’humanité », un individu « qu’il faut encore représenter de temps en temps, mais seulement pour l’humilier ». C’est ainsi qu’il a vu le dernier film mettant en vedette Louis Morissette.
Cette thèse cousue de fil blanc, le chroniqueur vedette la répète partout, ajoutant au passage qu’on ne peut plus rien dire. Pas mal pour un homme qu’on voit à la télé, qu’on entend à la radio et qu’on peut lire dans les journaux. Qui plus est, en France comme au Québec. Apparemment, l’homme blanc hétéro a encore de belles années devant lui.
Bien que je fasse moi-même partie de cette caste dont MBC craint la disparition, je ne me suis jamais senti comme un « déchet » en voyant François.e. Bien entendu, les scénaristes donnent quelques grands coups de pied aux préjugés virilistes. Et on les comprend. Mais leur œuvre n’est pas une charge. Ce film nous fait entrer avec finesse et justesse dans le monde des personnes trans, qu’on apprend à mieux connaître et à mieux comprendre. Il nous fait rire, tout en nous touchant et en nous faisant réfléchir. Une belle réussite, vraiment !
Un mot en terminant sur Morissette, pour lequel j’ai une grande admiration. C’est un comédien qui a une forte présence à l’écran. De plus, je le trouve courageux, car il n’hésite pas à jouer des personnages qui ne sont pas spontanément sympathiques. Il trouve dans François.e son meilleur rôle à ce jour.