La lucrative franchise Histoire de jouets remonte au tout début des studios Pixar, le premier film ayant pris l’affiche en 1995, révolutionnant l’animation par ordinateur au passage. Au cours des trois décennies suivantes, de multiples suites ont été lancées, dont Histoire de jouets 3, qui a remporté l’Oscar du meilleur long-métrage d’animation en 2011. Plus récemment, Histoire de jouets 4 et la production dérivée Lightyear ont toutefois déçu certains fans, assez pour qu’on commence à se demander si Quentin Tarantino avait raison lorsqu’il affirmait que le troisième film aurait dû être la conclusion de la série. Or, il s’avère que Histoire de jouets 5 est un retour à la qualité de la trilogie originale, pour le bonheur des petits et des grands.
Lorsque Bonnie reçoit en cadeau de ses parents Lilypad, une tablette en forme de grenouille, plusieurs des camarades de la cowgirl Jessie tentent de la convaincre de se faire à l’idée : l’ère des jouets est révolue. Mais elle s’accroche à sa croyance qu’il est essentiel pour les enfants de jouer et de développer leur imagination. Avec l’aide de l’astronaute Buzz et du cowboy Woody, elle tentera par tous les moyens de garder sa place auprès de Bonnie lors d’une aventure qui mènera notamment Jessie à visiter le ranch où elle a passé de si beaux moments il y a longtemps...
Les enfants ont toujours grandi et éventuellement délaissé leurs vieux jouets; c’est d’ailleurs le thème central de la franchise. On a néanmoins l’impression que les appareils « intelligents » les font vieillir encore plus vite, en plus des autres effets néfastes du temps d’écran. Ce message aurait pu devenir moralisateur, mais, comme ses prédécesseurs, le film adopte le point de vue des jouets pour qui il ne s’agit pas tant de déplorer la dépendance aux nouvelles technologies que de simplement éviter qu’on les abandonne et de gérer leur peur de devenir inutile, des sentiments universels.
Ayant collaboré au scénario de tous les épisodes, Andrew Stanton (Trouver Némo, WALL-E) se retrouve pour la première fois à réaliser un film de la série. L’animation est plus impressionnante que jamais dans Histoire de jouets 5, un long-métrage où les péripéties abondent, notamment lors des séquences impliquant des dizaines de nouveaux modèles de Buzz Lightyear. Les nombreux gags s’adressent avant tout aux plus jeunes spectateurs, alors que les moments mélancoliques toucheront surtout les adultes, mais dans son ensemble, c’est un formidable divertissement pour tous les publics.
Un mot en terminant sur la version québécoise, de très bonne tenue comme à l’habitude. Aux côtés de doubleurs chevronnés, comme Alain Zouvi (Woody) et Violette Chauveau (Jessie), on retrouve l’humoriste Katherine Levac dans le rôle de la tablette Lilypad, ainsi que le comédien et animateur Christian Bégin dans celui de Rouleau Petit-Pot, un jouet électronique aidant les enfants à apprendre la propreté. Chacun et chacune donne sa couleur à son personnage, autant les interprètes qui contribuent à la franchise depuis les années 1990 que les nouveaux venus.
