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Affiche en français de Coyote vs. Acme
Coyote vs. Acme
Très bon
Très bon

Enfin un film savoureux avec les personnages de Looney Tunes

Le Coyote, Bugs Bunny et tous leurs amis amuseront petits et grands dans cette délicieuse comédie que l'on a failli ne jamais voir.

Contenu de la critique

Bande-annonce en français

Le mélange entre l'animation et les prises de vues réelles donne rarement des résultats satisfaisants. Pour un excellent Paddington 2, il faut survivre à des créations comme Space Jam: A New Legacy et Tom and Jerry. Coyote vs. Acme fait figure d'exception, s'avérant la meilleure excursion des Looney Tunes au cinéma depuis Who Framed Roger Rabbit.

Le concept n'est pas piqué des vers. Wile E. Coyote est incapable d'attraper son ennemi juré Bip Bip (Road Runner) et il soupçonne que les objets utilisés pour arriver à ses fins sont défectueux. Il embauche un avocat (Will Forte) pour actionner Acme, une immense compagnie qui ne pense qu'à s'en mettre plein les poches.

Et dire que le projet a failli ne jamais voir le jour. Une fois terminé, le film a été mis sur les tablettes par son distributeur Warner, qui a voulu le faire disparaître à jamais afin d'économiser de l'argent. Un sort qui a été réservé dernièrement à Batgirl. Mais le long métrage a été sauvé in extremis par un petit distributeur et après moult efforts, il est finalement présenté en salles.

Ce combat entre David et Goliath figure d'ailleurs au centre de l'intrigue. Personne ne veut s'occuper du sort des Tunes (des personnages animés) et c'est une petite firme d'avocats risquant de se retrouver au chômage qui prend sa cause en main. En plus de s'attaquer aux grandes entreprises et à Hollywood, le scénario fin de Samy Burch (le délicieux Late Fame, présentement à l'affiche) fustige les dérivés du capitalisme et du consumérisme.

Coyote vs. Acme n'est pourtant pas seulement une oeuvre sociale. Il s'agit surtout d'un irrésistible long métrage qui s'adresse autant aux petits qu'aux grands. Toute la famille rigolera de la malchance de Coyote qui le poursuit inlassablement. Entre l'enquête, le suspense paranoïaque et le film à procès, le prétexte est idéal pour utiliser tous les personnages marquants - Bugs Bunny, Daffy Duck, Tweety, Charlie le coq - de la série. Les surprises sont d'ailleurs nombreuses. On retrouve même le scientifique Peter Lorre, en clin d'oeil au célèbre acteur de M le Maudit.

L'humour fait généralement mouche et les quelques gags plus inégaux qui tombent à l'eau sont la faute des humains. Cela n'empêche pas Will Forte (Nebraska) de donner tout ce qu'il peut. Face à lui, l'ancien lutteur John Cena (The Suicide Squad) fait amplement sourire en avocat du diable. Le rythme ménagé par le réalisateur Dave Green (à qui l'on doit le sympathique Earth to Echo et le répréhensible Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows) est à ce point soigné que les moments morts ne pèsent pas trop sur le récit.

En plus d'être drôle, émouvant et engagé, Coyote vs. Acme parvient à ramener les Looney Tunes au cinéma dans un film de qualité. L'exploit n'est pas banal et il s'avère l'une des surprises les plus inespérées de l'année.