Publicité
Affiche du film Contre-attaque
Contre-attaque
Bon
Bon

Une savoureuse série B

Un délicieux hybride entre l'action et l'horreur pour cette série B décomplexée.

Contenu de la critique

Bande-annonce 2 en français

La série B a souvent mauvaise réputation. Pourtant, entre de bonnes mains, elle prend la forme d'un exutoire pour le spectateur, explorant des territoires souvent délaissés par des productions jugées plus prestigieuses. C'est exactement ce que fait Onslaught (Contre-attaque) qui, à une autre époque, aurait très bien pu être un film culte.

L'intrigue ne fait aucun sens et c'est bien le cadet des soucis du long métrage. Une tireuse d'élite (Adria Arjona) de l'armée américaine habitant dans un parc de maisons mobiles doit protéger sa jeune fille de trois super-soldats génétiquement modifiés! Au diable l'histoire complexe, les dialogues fouillés et la psychologie développée des personnages. L'intérêt réside ailleurs.

Adepte de films d'horreur (You're Next et le remake Blair Witch) et de monstres (Godzilla vs. Kong et sa suite The New Empire), le cinéaste Adam Wingard et son scénariste régulier Simon Barrett se tournent vers leur meilleure création - The Guest, sorti en 2014 - pour en offrir une suite spirituelle. Il est encore question d'expérimentations sur des soldats et de troubles de stress post-traumatiques des vétérans de guerre qui est offert dans un enrobage rétro. Un peu comme si Nicolas Winding Refn (Drive) refaisait Terminator. On retrouve même son anti-héros Dan Stevens dans un rôle inoubliable de savant fou allemand.

Sauf que cette fois, le tandem y va à fond dans le délire. Cela signifie faire monter la tension, multiplier les moments les plus saugrenus et opter pour un déferlement de violence et de confrontations musclées. Il n'y a rien à prendre au sérieux, même si une critique des armes à feu et de la guerre se fait ressentir. L'esprit est aux années 1970 et 1980, à cette époque politiquement incorrecte où l'on pouvait tout se permettre. Le mélange entre l'action et le slasher n'est pas sans rappeler Assault on Precinct 13 et Halloween, deux classiques de John Carpenter, bien que les hommages divers abondent.

Entre la réalisation imaginative de Wingard, aussi subtile qu'une tonne de brique, musique synthétique de grande qualité en prime, et la surprenante performance physique d'Adria Arjona, à mille lieues de ses compositions dans Splitsville et Hit Man, il est plutôt difficile de s'ennuyer devant Onslaught. Sans doute que l'ensemble aurait pu être encore plus marquant sur le plan du divertissement, en soignant par exemple ses personnages secondaires (Rebecca Hall est sous-utilisée) et en offrant une fin plus satisfaisante. Sauf que pratiquement personne ne possède le talent de Quentin Tarantino quand vient le temps de s'attaquer à la série B avec Kill Bill. En attendant, les amateurs du genre seront comblés par cette production bien gore et d'une redoutable efficacité.