Une nuit ça suffit en effet.
Voilà donc l’un des scénarios qui figuraient sur la fameuse Black List d’Hollywood en 2024. Tous les ans c’est une liste des meilleurs scripts non produits. Et généralement, les films qui en sont issus sont des cartons ou des bêtes à récompenses, voire les deux comme « Argo » ou « Slumdog Millionnaire ». Et il est vrai que ce pitch de cette comédie romantique était sacrément original sur le papier. En effet, très justement comparé à un « American Nightmare » du sexe (ou « The Purge » en version originale), c’était un matériau de base plus que singulier et prometteur. En gros, les USA ont décrété que le sexe hors mariage était interdit, sauf une nuit par an... On pouvait y deviner pas mal de développements potentiels plus fous les uns que les autres et une critique acerbe du système ainsi que du puritanisme américain, rendant l’objet sentimental bien plus profond et puissant qu’espéré. Avec un duo de comédiens montants en têtes d’affiche, le sempiternel cadre de New York en décor et un réalisateur rompu au genre, cela aurait pu aboutir à un must dans sa catégorie. Sauf que non. Pas vraiment. L’alchimie entre les deux stars est toute relative, Big Apple n’apporte rien de particulier et Will Gluck n’a finalement rien signé de bien mieux que ses deux premiers films. On lui doit la surprise « Easy A » et le sympathique « Sexe entre amis » mais ces films suivants s’avèrent peu recommandable même s’ils ont eu du succès, de « Pierre Lapin » à « Tout sauf toi ». Mais, surtout, le concept est finalement très mal exploité pour un film anecdotique et plus que timide malgré le sujet.
Il serait également de bon ton d’ajouter que pour un long-métrage censé dénoncer (même un tout petit peu) le côté conservateur, pudique et puritain d’un pays, il est sacrément frileux en termes de nudité, de sexe voire même de sensualité. C’est le comble! Idem, la conclusion est en totale contradiction avec le propos, rendant le tout quelque peu étrange et hypocrite dans son message. « Une seule nuit » fourmille pourtant de petites idées, notamment dans sa première partie. Il y a des micro-gags amusants et une énergie communicatrice inhérente à cette nuit de folie/débauche annoncée. Et lorsque le film plante son concept et son décor, il l’explique par petites touches bien senties même si tout cela demeure en vérité hautement improbable. On doute fort que la population puisse accepter de telles restrictions. Au-delà de ce constat, la charge politique permis par un tel postulat est aux abonnés absentes et l’intrigue se recadre bien trop vite sur le chassé-croisé nocturne entre les deux futurs tourtereaux. Au final, comme leur complicité ne crève pas l’écran, que les seconds rôles sont très bof et que la seconde partie glisse vers les canons du genre en mode presque niaiseries et quota fleur bleue, on peut aisément affirmer que les meilleures idées ne font pas toujours les meilleurs films.
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