L'adaptation cinématographique du jeu vidéo Five Nights at Freddy's fut l'un des films d'horreur les plus médiocres de 2023. Ce qui en dit long pour une année marquée par la sortie de productions exécrables comme The Exorcist: Believer et The Pope's Exorcist. Rarement un récit d'épouvante fut aussi ennuyant et dénué de tension. Sauf que le long métrage, réalisé au coût de 20 millions de dollars, en a rapporté près de 300, ce qui allait évidemment engendrer une suite.
Cinq nuits chez Freddy 2 (Five Nights at Freddy's 2) n'est pas aussi catastrophique que son prédécesseur, offrant une amélioration factice qui rappelle celle du récent The Strangers: Chapter 2. Il y a plus d'action, davantage d'humour et l'effort semble enfin s'assumer comme série B grotesque et stupide, un peu à la manière du Willy's Wonderland qui mettait en vedette Nicolas Cage. Tant mieux... car il est tout de même question de mascottes animatroniques qui font couler le sang! Après une introduction potable, le scénario de Scott Cawthon (le créateur des jeux vidéos) multiplie les références et les oeufs de Pâques afin de séduire les joueurs.
L'ensemble n'est pourtant pas plus satisfaisant. L'intrigue qui pullule de dialogues insignifiants n’a aucun sens et elle présente des personnages inutiles qui n'existent que pour se faire trucider. Le somnolent Josh Hutcherson est de retour dans la peau du héros constipé (sans doute l'un des moins engageants de l'histoire du cinéma d'épouvante) et Piper Rubio qui incarne sa jeune soeur est incapable de varier son registre de jeu. Seule Elizabeth Lail offre une certaine nuance en policière affligée. Encore là, sa psychologie ne résiste pas plus que cinq secondes à l'analyse.
Cette suite n'a pas appris des erreurs de la première mouture et elle est incapable de bien doser ses éléments. Cela aurait dû être un cauchemar de chaque instant, un plaisir coupable où des créatures robotisées s'en prennent aux humains. Sauf que le script y intègre maladroitement des sujets «sensibles» et «dramatiques», comme le deuil, la solitude, les traumas du passé et la difficulté d'élever ses enfants en sécurité. Certains thèmes pourraient presque évoquer un croisement entre l'implacable Black Phone 2 et le surprenant Until Dawn (une autre adaptation d'un jeu vidéo), mais le résultat est tout autre. Quant à cette finale qui cherche à faire pleurer, elle s'avère particulièrement consternante.
La réalisation à peine fonctionnelle d'Emma Tammi (à qui l'on doit le premier Five Nights at Freddy's et le solide The Wind) n'offre que le minimum requis et beaucoup de sursauts gratuits, tandis que les réels frissons et moments d'angoisse manquent à l'appel. Aucune scène de carnage ne s'avère réellement imaginative et il y en a même une - celle avec le professeur - qui est calquée sur le premier Scream. Le classique de Wes Craven demeure ici une étonnante référence. Les deux méchants du premier épisode (Matthew Lillard et Skeet Ulrich) y apparaissent en figures paternelles diamétralement opposées. Dommage que leur potentiel soit si peu exploité. Et le tout culmine par une ridicule «surprise» scénaristique que n'aurait pas reniée le père de Freddy.
Avec sa fin abrupte qui annonce clairement une suite, cette série risque de hanter pendant encore longtemps... mais pas nécessairement pour les bonnes raisons. Si Five Nights at Freddy's 2 est un peu plus divertissant que son prédécesseur, le film n'en demeure pas moins une production bâclée et insultante pour l'intelligence du spectateur. Il y a eu plusieurs mauvais longs métrages d'horreur cette année (Wolf Man, The Woman in the Yard, Keeper...), mais celui-ci est sans aucun doute le moins intéressant du lot.
