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Affiche en français du film La révélation
La révélation
Excellent
Excellent

Steven Spielberg renoue avec les extraterrestres et rappelle pourquoi il est une légende

Sommes-nous seuls dans l’univers? Steven Spielberg aborde cette question dans son plus récent film de science-fiction, qui met en vedette Emily Blunt et Josh O’Connor.

Contenu de la critique

Bande-annonce finale en français

Dès son quatrième long-métrage, le sublime Rencontres du troisième type, Steven Spielberg a dépeint l’arrivée d’extraterrestres sur Terre. Il a de nouveau mis en scène des visiteurs de l’espace dans plusieurs films par la suite : l’irrésistible E.T. : L’extraterrestre, le beaucoup plus sombre La guerre des mondes, sans oublier le sous-estimé Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal. Voici que le légendaire réalisateur hollywoodien s’intéresse une fois de plus aux extraterrestres dans La révélation, pour notre plus grand plaisir.

Le film commence en pleine action alors que Daniel Kellner (Josh O'Connor), un expert en cybersécurité qui travaillait jusqu’à tout récemment pour Wardex, une agence clandestine opérant en marge du gouvernement américain, échappe à son ancien supérieur (Colin Firth) et ses hommes. Ces derniers tentent de récupérer du matériel informatique et un mystérieux objet volés par Daniel, qui s’efforce pour sa part de rejoindre d’autres collègues (menés par Colman Domingo) qui ont décidé de quitter leur emploi chez Wardex pour exposer la vérité que l’agence cache depuis 79 ans.

La révélation prend la forme d’une enlevante course-poursuite de 48 heures, à travers laquelle des informations nous sont dévoilées au compte-gouttes, ce qui fait qu’on demeure toujours intrigué par ce qui se passe. Cela inclut l’histoire parallèle de Margaret Fairchild (Emily Blunt), une journaliste qui se met à parler dans une langue incompréhensible durant un bulletin de météo. Découvrant qu’elle possède soudainement d’incroyables pouvoirs, notamment la télépathie, Margaret est bientôt elle aussi poursuivie par Wardex, alors qu’elle n’a qu’une idée en tête : retrouver un inconnu dont le nom lui est apparu, un certain Daniel Kellner...

Le thème central n’est pas tant une hypothétique rencontre avec des extraterrestres que le droit, ou non, que la population a de connaître la vérité. Est-ce qu’un monde déjà chaotique serait unifié ou encore plus divisé par une telle révélation? Comme dans Signes de M. Night Shyamalan, l’aspect spirituel est également abordé, principalement par l’entremise de la petite amie de Daniel, Jane (Eve Hewson), jadis une novice dans un couvent, qui se demande si la possibilité que nous ne soyons pas seuls dans l’univers remettrait en question l’existence de Dieu.

Derrière la caméra, Spielberg démontre tout son talent à mettre en images un récit de façon dynamique, avec des travellings, des panoramiques 360°, des plans-séquences, etc. Il orchestre avec brio des scènes d’action époustouflantes en intégrant des éléments de science-fiction, toujours avec son sens unique de l’émerveillement. On retrouve aussi beaucoup de touches d’humour pour alléger la tension et indiquer aux spectateurs que les créateurs réalisent à quel point les événements à l’écran peuvent être abracadabrants. 

À cet égard, le scénario de David Koepp n’est certes pas dénué d’invraisemblances et de raccourcis, mais l’expérience cinématographique est si formidable qu’on pardonne aisément le tout. C’est un privilège de pouvoir encore découvrir un film de Spielberg au sommet de sa forme, plus de 50 ans après Les dents de la mer, avec de surcroît une musique originale du vénérable John Williams, qui soufflait récemment 94 bougies. Soulignons enfin la qualité de la distribution, particulièrement Emily Blunt dans un rôle casse-cou dont elle tire le meilleur.