Publicité

La révélation

Critiques des membres

Rédiger une critique

3.5Très bon
1 critique des membres
  • 0
  • 0
  • 1
  • 0
  • 0

1 critique

Très bon
Stéphane Michel

Rendre compte du troisieme type.

Et voilà! C’est sans doute dû à une avant-première dont la place a été gagnée avec joie et surprise la semaine passée mais il y avait une saveur d’évènement hier au Cinéma Banque Scotia de Montreal. Seules quelques villes dans le monde, telles que Londres ou LA, après l’avp du Grand Rex a Paris la semaine dernière, ont également eu la chance de voir le film projeté un peu avant sa sortie officielle, mercredi en France et vendredi au Quebec.

Il y avait forcément une certaine fébrilité. C’est Spielberg, c’est un retour à ce troisième type rencontré il y a presque 50 ans, et a 79 ans, on se demande toujours si une dernière sortie ne sera pas LA dernière sortie.

En attendant d’écrire plus longuement dessus, Disclosure Day est un efficace condensé du cinema spielbergien. D’autres en parleront mieux que moi qui ai loupé de nombreux pans de sa filmographie (Pentagone papers, War Horse, Lincoln et (ouch) Duel…). Le contexte extra-terrien est une couverture sous laquelle se love plusieurs des thématiques abordées par le passé. Les traumatismes d’enfance, la foi, le secret, les facettes réconfortantes et horrifiques des contes, les notions d’étrange et d’étranger, et, bien entendu,… la puissance des images filmées…(ah, ce train!). C’est parfois très naïf, mais cette naïveté est assumée, presque une note d’intention. Spielberg semble pleinement conscient de ce qu’il livre. Même ces animaux numériques déjà gênants dans la bande annonce, empruntent une uncanny valley qui se justifie. Le casting lui-même a une pertinence jubilatoire. Trois anglais (Blunt, O’Connor, Firth), appelés pour révéler ou dissimuler la vérité à une Amérique trop centrée sur elle-même, trop oublieuse d’un caractère (d’un potentiel, plutôt) unique et commun a ces huit milliards d’humains scrutés depuis les étoiles. Ce caractère commun, je n’en dirais rien, mais disons qu'ici, Spielberg, ne nous invite pas seulement a VOIR.

La camera semble complice. Elle virevolte, panote, circule, s’élève, contourne, accompagne les personnalités divergentes. Cette camera est presque musicale. Elle est l’autre accolade amicale au vieux copain John Williams. Une séquence en particulier rappelle cette connivence entre les deux artistes. Un apaisement par la musique, par l’instrument. C’est peut-être le moment le plus réussi du film. Un moment qui fait suite à une scène haletante (le film n’en manque pas). Il y a bien sur des petits coups de coude à ET, à Close Encounters, mais aussi (beaucoup) à Minority report (et un autre tres ostentatoire à un fameux personnage à chapeau). Les changements de tons sont plutôt surprenants (une séquence tient presque du slapstick) mais hormis un montage peut-être un peu discutable par moments (c’est très succinct), ces changements permettent des respirations appréciables là ou une tension constante aurait sans doute alourdit le récit.

On va BEAUCOUP parler du film a partir de mercredi. Partout. Sur tous les formats. Et Spielberg, au sein même de son film, parait déjà nous prévenir : « Je comprends votre impatience mais levez la tête et prêtez attention ». A ce demander finalement si la meilleure chose a faire avec un tel film, ce n’est pas juste de le partager. Au cinéma, c’est un peu nous les humains embarqués dans une étrange soucoupe. Le grand écran est peut-être le meilleur moyen de voir le monde d’un peu plus haut…