L’humoriste Nate Bargatze fait son début au cinéma cette semaine avec Soutien de famille, deuxième long-métrage du cinéaste Eric Appel, après l’excellent Weird: The Al Yankovic Story. En adaptant des sections de ses spectacles d’humour à l’écran, Bargatze, qui a également coscénarisé le film avec Dan Lagana, interprète Nate Wilcox, un père qui est plus préoccupé par sa quantité de voitures Toyota vendues pour demeurer le meilleur vendeur de son concessionnaire que ses propres responsabilités familiales. Il délègue le tout à sa femme, Katie (Mandy Moore), mère au foyer, qui a créé un système précis pour prendre soin de ses trois enfants.
Avec ce système, Katie a conçu le « StarMinder, » un produit en forme d’étoile pour aider les familles à se souvenir des tâches les plus importantes. Après un passage à l’émission Shark Tank pendant lequel un accord est conclu avec la « dragonne » Lori Greiner, Nate doit temporairement délaisser son emploi chez Toyota pour devenir père au foyer, afin que sa femme puisse voyager en Corée du Sud pour superviser la production du StarMinder. S’ensuit une série de situations loufoques que nous avons tous déjà vues dans de meilleurs films, tels que Mr. Mom et Parenthood, sans réelle inventivité ou humour.
Bargatze est capable de nous faire rire sur scène, mais il a de la grande difficulté à traduire cet humour à l’écran. Lorsque le réalisateur Eric Appel le met en relation avec des comédiens plus expérimentés, tels que Colin Jost et Kumail Nanjiani, les acteurs secondaires sont plus intéressants que sa figure principale. Jost, en particulier, est hilarant en l’archétype parfait d’un père de famille que Nate tente, sans succès, d’imiter. On plante des indices d’une rivalité potentielle, mais cette trame narrative ne va nulle part. Même chose avec Nanjiani, qui incarne un employé chez Toyota voulant détrôner le titre du meilleur vendeur de son protagoniste. On essaie de mettre ces personnages en opposition, mais le scénario est si incroyablement sous-développé que cette dualité entre les deux ne se concrétise jamais.
Il n’y a rien de particulièrement offensant dans ce qui est mis en scène, mais il n’y a rien de captivant non plus. La majorité des scènes humoristiques voient Bargatze se livrer à des gags burlesques où il se fait frapper par un cheval, tombe dans les escaliers, ou se fait épiler les poils du nez. Cela peut évidemment provoquer des rires chez un public plus jeune, mais le protagoniste n’évolue pas à travers ses propres malheurs, et n’apprend pas vraiment de leçons importantes à transmettre aux spectateurs, même lorsque tout tourne au cauchemar après que Nate engage Keegan (Will Forte), un réparateur de toiture qui n’a aucune idée de ce qu’il fait. Forte est toujours excellent, mais son rôle aurait pu être plus ridicule pour maximiser le cruel manque de comédie.
Et que dire sur le placement de produit? C’est un véritable festival de marques! Si l’on enlève les mentions à répétition du mot « Toyota » et toutes les scènes où l’on voit Nate conduire une de leurs voitures ou porter un uniforme d’employé, il reste Shark Tank, Bud Light, Apple, le Poulet Frit Kentucky, la NFL (en particulier les Tennessee Titans), le Stade Nissan, et une séquence entière filmée à l’intérieur d’un Walmart, où l’on mentionne tout ce que ce magasin contient au moins trois fois. Nous n’avons donc plus affaire à du cinéma pour grand public, mais à une longue publicité d’une heure quarante. Et si cela ne suffisait pas, le générique de fin fait également la promotion de plusieurs spectacles enregistrés de Nate Bargatze. C’est peut-être un choix plus judicieux de les regarder que d’aller au cinéma pour voir Soutien de famille…
