Première série télé en prise de vues réelles de la franchise Star Wars, The Mandalorian se déroule quelques années après la fin de la trilogie originale, à la suite de la chute de l’Empire. Trois saisons ont été diffusées sur Disney+ de 2019 à 2023, racontant les aventures d’un mercenaire mandalorien, surnommé Mando, qui devient le protecteur de Grogu, un bébé de l’espèce de Yoda. Voici que ces personnages sont les têtes d’affiche d’un long-métrage qui marque le retour au grand écran de la saga créée en 1977 par George Lucas.
Le chasseur de primes Mando (Pedro Pascal) est désormais au service de la Nouvelle République, qui l’engage pour traquer les individus qui demeurent loyaux à l’Empire. Afin de convaincre des gangsters de lui donner des informations à propos de l’identité et de la localisation d’un membre du Conseil de l’Ombre, notre héros accepte de sauver le neveu desdits gangsters, Rotta le Hutt (Jeremy Allen White). Ce dernier est prisonnier de Lord Janu (Jonny Coyne), qui le force à participer à des combats de gladiateurs.
Si vous n’avez jamais regardé The Mandalorian, ne craignez rien : le film raconte une histoire indépendante qui n’exige pas de familiarité avec les aventures précédentes des personnages. Cela dit, le récit s’apparente quand même à une version condensée d’une saison de la série télé. Plutôt que d’adopter une structure classique en trois actes avec un début, un milieu et une fin, Le Mandalorian et Grogu nous donne l’impression de nous gaver de quatre ou cinq épisodes consécutifs.
Ça commence en force (sans mauvais jeu de mots) avec une scène d’action spectaculaire, comme l’ouverture d’un James Bond ou d’un Indiana Jones. S’ensuit une longue succession de péripéties où les rebondissements abondent, mais où le développement des personnages est quasi inexistant. Portant pratiquement toujours son casque, Mando est un protagoniste plutôt anonyme, dont le principal trait de personnalité est de se soucier que rien de mal n’arrive à Grogu. Quant à ce dernier, parfaitement adorable, il est surtout motivé par son amour des grignotines!
Réalisé par le créateur de la série, Jon Favreau, que l’on connaît également pour avoir donné le coup d’envoi au « Marvel Cinematic Universe » avec Iron Man, Le Mandalorian et Grogu est un rocambolesque western de l’espace porté par l’excellente musique de Ludwig Göransson, qui a parfois des accents synthwave. Favreau orchestre habilement de nombreux combats, fusillades au laser et courses-poursuites, avec l’aide d’effets visuels omniprésents, la majorité des personnages étant des créatures créées par ordinateur. Un des rares visages humains à apparaître à l’écran est celui d’une colonelle de la Nouvelle République incarnée par Sigourney Weaver qui, après Alien et Avatar, ajoute l’univers de Star Wars à son impressionnant CV de vedette de science-fiction.
Le sentiment demeure que tout cela aurait pu être la quatrième saison de The Mandalorian, qu’on aurait suivie chaque semaine au petit écran avec des attentes plus modérées. Car lorsqu’on se rend en salle pour découvrir un nouveau Star Wars, on s’attend à davantage d’enjeux dramatiques et d’affrontements épiques que ce que Favreau nous sert ici. Le divertissement est au rendez-vous, mais rien ne marquera particulièrement les esprits.
