La Force n'est pas avec Grogu.
Il est important, avant de commencer, d’apporter une petite précision. Une précision non négligeable pour éviter toute volée de bois vert de la part des les plus fans hardcore de l’univers cultissime instauré par Georges Lucas voilà un demi-siècle. Cette critique est faite par un spectateur lambda, un spectateur qui apprécie les œuvres qui en sont issues mais qui n’est pas un fan inconditionnel non plus. Notons d’ailleurs à ce sujet que, depuis le rachat de Lucasfilm par Disney, les films « Star Wars » suivent un peu le même schéma chaotique (et mercantile) que celui du Marvel Cinematic Universe : trop de productions dans un univers partagé parfois excessivement voué au fan service et un abus de séries pour Disney + (pas vues de notre côté) privilégiant ainsi la quantité au détriment de la qualité. Et, malheureusement, ce « The Mandolorian and Grogu » semble être totalement symptomatique de ce constat.
On peut aussi préciser que c’est le grand retour de l’univers des Jedi et autres Stormtroopers sur le grand écran depuis presque huit ans. En effet, la clôture de la dernière trilogie, souvent malaimée par les fans, date de 2018. Pourtant, de notre côté on avait bien apprécié « Les derniers Jedi » pour ses pas de côté et, surtout et de manière plus consensuelle, l’excellent « Rogue One ». Pour le reste, chacun a ses préférences ainsi que les épisodes qu’il abhorre. Comme ce dernier, « The Mandalorian and Grogu » est davantage une sorte de spin-off hors des trilogies principales mais lorgne il plus vers le décevant « Solo : A Star Wars Story ». On dirait un film pour faire patienter les fans avant que les studios se décident sur la marche à suivre après cette abondance de séries et des annonces plus ou moins sérieuses.
La preuve en est avec cette intrigue linéaire et basique au possible où il ne se passe pas grand-chose si ce n’est une accumulation de péripéties et d’aventures, certes divertissantes mais aux enjeux qui se réduisent à peau de chagrin. Pour tout spectateur classique, difficile de se passionner pour un script si mince et souvent incohérent dans les motivations des forces en place, presque contradictoires et pas très logiques. Forcément le fan service comblera les afficionados mais pour les autres c’est un peu léger. Et comme il n’y a pas de personnages vraiment mythiques ni de vrais acteurs, les créatures étant à l’honneur, la dramaturgie est aux abonnées absentes. Heureusement, il y a un Grogu mignon comme tout qui assure le travail d’émerveillement. Et également, toute une galerie de monstres aussi variés confectionnés avec des effets spéciaux impeccables comme les Huths ou le serpent géant. Ça fait le travail pour divertir un tant soit peu surtout que les effets spéciaux sont un savant et probant mélange d’images de synthèse et d’animatronique à l’ancienne.
D’ailleurs, on ne peut nier le flot de séquences d’action sympathiques et bien orchestrées mais plus le film avance plus ça devient lassant, car la plupart du temps déconnecté d’émotion ou de tension. Le dernier tiers on est presque à la lisière de l’ennui et on hâte que cela se termine. Il faut également dire qu’il n’y eu guère d’efforts au niveau des planètes et paysages : une de glace, une de sable, une idyllique et une dernière de marécage. Celle de la ville futuriste inspirée de « Blade Runner » est peut-être la plus étonnante. Et encore... On se rattrapera donc sur la séquence de l’arène et quelques bastons agréables à l’œil mais voilà un film totalement dispensable et vain pour tout profane, parfois à la limite du soporifique avec une intrigue triviale et pas toujours pertinente.
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