Un box-office difficile en pleine pandémie doublé d’une réaction critique mitigée, il en faut bien plus pour mettre K-O une franchise aussi légendaire que Mortal Kombat. Cinq ans après le premier volet de son «reboot», le réalisateur Simon McQuoid nous offre une suite pleine de combats, de sang, de combats, de sang et encore de combats.
Au centre de ce Mortal Kombat II, Johnny Cage (Karl Urban), acteur déchu de films d’arts martiaux des années 90, est recruté par Lord Raiden (Tadanobu Asano) et sa bande pour affronter les meilleurs guerriers de l’Outremonde dans un tournoi de combats mortels. Si Cage et les autres terriens devaient s’avouer vaincus, leur défaite permettrait au tyrannique empereur Shao Khan (Martyn Ford), leader de l’Outremonde, de s’emparer du royaume de la Terre, signifiant la fin de notre monde tel que nous le connaissons.
En parallèle, on suit aussi le destin de Kitana (Adeline Rudolph), fille adoptive de Shao Khan qui conspire dans le dos de son père pour mettre fin à son règne de terreur.
Les fans attendaient impatiemment l’ajout dans la franchise de Johnny Cage, personnage emblématique de la série de jeux vidéo. Et ils ne seront pas déçus. Karl Urban interprète avec justesse cette ancienne gloire de cinéma à belle gueule capable de mettre un adversaire au tapis, autant avec ses poings que son sarcasme. Chacune de ses nombreuses lignes humoristiques touche la cible. Malgré tout, il ne tombe jamais dans le cabotinage. Sa présence à l’écran est toujours rafraîchissante et efficace.
On ne peut malheureusement pas en dire autant du reste de ses collègues au générique. Pour la plupart, leur jeu est plutôt fade et manque de nuances. Tous les gentils sont un peu trop beiges, tandis que la plupart des méchants ont la même voix grave et gutturale. À l’exception de Karl Urban, on a souvent l’impression d’entendre les acteurs réciter leur texte plutôt que de le jouer.
Pour ce qui est du scénario, on y retrouve de la bataille, du sang... et pas grand-chose d’autre! Les combats se succèdent encore plus vite que dans un gala de UFC, ce qui laisse bien peu de place pour développer un récit. On prend donc des raccourcis. Beaucoup de scènes dialoguées manquent de substance et ne servent qu’à énumérer mécaniquement les points importants de l’intrigue.
À l’exception de Johnny Cage et Kitana, le développement des personnages est négligé. C’est particulièrement évident dans le cas de Cole Young (Lewis Tan), personnage central du premier volet, relégué au rang de long caméo dans cette suite. On aurait peut-être pris un ou deux combats de moins pour apprendre à découvrir les personnages et s’y attacher.
Ceci dit, les amateurs du genre seront servis. Les bagarres ont beau être légion, elles sont généralement bien chorégraphiées. Et le réalisateur respecte l’aspect graphique de l’univers Mortal Kombat. Les champions des différents mondes n’y vont pas de main morte pour éliminer leurs adversaires et certaines fins de combats sont si sanglantes qu’elles semblent commanditées par Héma-Québec. Cœurs sensibles s’abstenir.
Mortal Kombat II n’est pas un chef-d’œuvre, loin de là. Du scénario, aux effets visuels en passant par la direction d’acteurs, tout est bâclé. Sauf les bagarres. Et justement, peut-on s’attendre à autre chose de cette franchise? Le film s’adresse clairement aux adeptes de la série et ne fait aucun compromis pour les satisfaire. Ceux qui ont grandi avec le jeu original reconnaîtront les personnages, les lieux et même, certaines prises de vues classiques. Bref, cinéphiles : passez votre tour. Fans d’arcades et d’arts martiaux : ne boudez pas votre plaisir!
