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Affiche en français du film Les inconnus : Chapitre 3
Les inconnus : Chapitre 3
Mauvais
Mauvais

Aux côtés de Fifty Shades et After : The Strangers rejoint le panthéon des pires franchises du siècle

Entre une réalisation paresseuse et un scénario étiré inutilement sur trois films, cette relecture confirme son statut de naufrage commercial cynique. Seule la "scream queen" Madelaine Petsch parvient à surnager dans cet océan d'ennui.

Contenu de la critique

Bande-annonce en français

Le cinéma d'horreur vit une période faste. Les films sont de plus en plus nombreux à prendre l'affiche au cinéma et ils sont généralement de bonne tenue. Seulement cette année, on a eu droit au réjouissant Primate, au passionnant The Plague, au sanglant 28 Years Later: The Bone Temple, à l'inquiétant Honey Bunch et à l'hilarant Send Help. Même l'inégal Whistle surprenait avec ses scènes de carnage. Devant ces réussites partielles ou totales, l'échec de The Strangers s'avère encore plus retentissant. Mais à l'image du récent et désastreux Return to Silent Hill, il n'est guère surprenant.

Tournée simultanément afin de maintenir son budget au plus bas, cette relecture du film de 2008 qui prend la forme d'un triptyque n'a jamais levé. Le premier chapitre était atrocement mauvais, le second un peu moins pire et le dernier se veut particulièrement consternant. Pourquoi autant étirer la sauce alors que l'intrigue aurait pu tenir dans un long métrage de deux heures? Pour faire de l'argent, évidemment. Car le scénario élémentaire ne méritait pas un tel investissement.

Après une introduction inutilement redondante qui n'apporte absolument rien au projet, on retrouve Maya (Madelaine Petsch) qui se cache dans les bois après avoir tué une femme masquée. Deux autres assassins sont à ses trousses et ils sont prêts à tout pour la retrouver. Les cadavres se multiplient et cela n'a aucune importance. Ils ne sont que des pantins ambulants, des personnages sans saveur incarnés par des comédiens au talent limité. Mis à part la protagoniste qui est en train de se bâtir une intéressante carrière en tant que «scream queen», le reste de la distribution laisse grandement à désirer.

Si au moins les scènes de meurtres sortaient des sentiers battus, qu'il y avait des frissons ou la moindre tension. C'est trop demander au vieux routier Renny Harlin qui filme le tout de manière ennuyante et sans personnalité. Le cinéaste finlandais s'y connaît pourtant en films d'horreur, lui qui en a réalisé une demi-douzaine, dont le nanar culte Deep Blue Sea. Son inspiration est à zéro et cela se ressent à l'écran.

Il y avait cependant matière à alimenter une oeuvre troublante et provocante. Le script ne fait qu'effleurer ses thèmes sociaux et politiques, comme ce choix des tueurs en série de s'en prendre uniquement aux étrangers et cette obsession de rappeler que l'ensemble de la communauté semble être au courant de leurs agissements. Quant à cette violence soudaine et énigmatique, qui peut frapper à chaque instant et qui était propre au long métrage original et à son modèle Funny Games, elle est expliquée de long en large lors de fastidieuses ellipses qui reviennent sans cesse dans le passé.

Deux scènes seulement sont à garder de ce troisième chapitre. La première est la façon dont les méchants se comportent avec leur victime lorsqu'ils finissent par lui mettre la main dessus. La série aurait dû débuter avec cette idée et l'explorer en profondeur. La seconde est l'affrontement final, sous fond de Nights In White Satin de The Moody Blues, qui séduit par sa sensibilité. C'est bien peu pour un film de 90 minutes.

À classer parmi les pires franchises du présent siècle aux côtés de Fifty Shades of Grey et les cinq After, les trois tomes de The Strangers recyclent paresseusement toutes les conventions du cinéma horrifique. Pourtant, tout ce qu'il faut à une série B, c'est d'amuser et de faire peur. Autant d'éléments qui n'ont pratiquement jamais été présents au sein du triptyque qui risque de passer à l'histoire pour les mauvaises raisons.