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Affiche du film Les inconnus : Chapitre 2
Les inconnus : Chapitre 2
Pauvre
Pauvre

Ennui mortel

Moins catastrophique que son prédécesseur, The Strangers: Chapter 2 n'en demeure pas moins un suspense soporifique et bancal dont l'horreur aseptisée ne fera sourciller personne.

Contenu de la critique

Bande-annonce officielle en français

Tourner plus d'un film à la fois permet d'économiser de l'argent. Mais qu'est-ce qui arrive lorsque le premier tome ne fonctionne pas au box-office? Ce fut le cas l'année dernière du western Horizon de Kevin Costner, dont la sortie du second volet est constamment remise aux calendes grecques.

Originellement conçu comme une trilogie, The Strangers: Chapter 1 a l'avantage de ne pas avoir coûté cher et d'avoir rapporté plus que sa mise de fonds. Tant mieux pour la production, car il s'agissait de l'un des pires longs métrages de 2024. Rien ne fonctionnait dans ce remake d'une création oubliable de 2008 qui est devenue culte au fil des années. Le scénario était pitoyable, les acteurs exécrables et les frissons inexistants. Il n'y a sans doute rien de pire qu'une parodie qui se prend au sérieux, une série B qui ne s'assume pas.

Qui sait si c'est la faute des attentes inexistantes ou du mois supplémentaire accordé afin de tourner des scènes supplémentaires, mais le chapitre 2 s'avère un peu plus digeste. Il ne s'agit pas encore d'un film recommandable ou même regardable de la première à la dernière image, mais d'un pas dans la bonne direction. Après avoir singé l'oeuvre originale jusqu'à la détourner de son sens (on ne sentait plus cette violence liée aux classes sociales et ce mal prêt à surgir à chaque instant), le scénario du deuxième épisode ose aller ailleurs.

C'est quand le chapitre 2 ne ressemble pas à une simple variation de The Strangers (2008) qu'il en devient intriguant. Notre héroïne Maya (Madelaine Petsch) a survécu aux assauts des trois inconnus masqués et elle se réveille blessée à l'hôpital. Évidemment, le trio rapplique pour lui faire la peau. Le récit se transforme rapidement en film de survie. Qu'elle se retrouve loin de la civilisation ou près des siens, il n'y a rien pour assurer la sécurité de la protagoniste. Elle devra affronter ses traumas seule. Sans être terrifiantes ou haletantes, les scènes de poursuite demeurent généralement bien tournées par le vieux routier Renny Harlin (Die Hard 2, Cliffhanger) et quelques-unes frappent l'imaginaire, comme le séjour à la morgue ou la rencontre avec un sanglier. Lorsqu'elle est limitée à fuir et à crier, Madelaine Petsch s'acquitte honorablement de la tâche.

C'est quand vient le temps de développer une histoire que l'ensemble s'enfarge dans les fleurs du tapis. Tous les dialogues sonnent faux et la plupart des comédiens rivalisent de médiocrité. Les tentatives de créer des liens avec The Strangers sont d'ailleurs assez désespérantes. À l'origine, l'horreur frappe de façon aléatoire, comme dans ses modèles Funny Games (autant l'original que son remake américain, tous deux réalisés par Michael Haneke). Sauf qu'ici, il faut tout expliquer ou psychologiser. Rien n'arrive par hasard. Il y a des raisons et il faut les surligner à l'aide de mots ou d'ellipses. Cela signifie notamment de remettre en question la santé mentale de Maya. Ou d'éventrer ce qui devait demeurer dans l'ombre, dont le mystère entourant Tamara qui obsède les fans depuis 2008.

Moins catastrophique que son prédécesseur, The Strangers: Chapter 2 n'en demeure pas moins un suspense soporifique et bancal dont l'horreur aseptisée ne fera sourciller personne. La plus grande source d'épouvante est sans doute d'avoir étiré la sauce sur trois longs métrages et de s'en remettre aux lieux communs (bonjour les emprunts à Halloween, The Shining et même Rambo) sans rien proposer de pertinent en retour. Avec de la chance, la conclusion - dont la date de sortie n'a pas encore été annoncée - maximisera les séquences de carnage en reléguant tout le reste au vestiaire. On rêve d'un film muet où la peur viscérale aura le fin mot de l'histoire.