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Affiche du film L'âme idéale
L'âme idéale
Excellent
Excellent

Magalie Lépine-Blondeau brille dans cette fable fantastique sur la vie et la mort

Quand la mort devient tellement vivante qu’elle nous pousse à vouloir vivre.

Contenu de la critique

Bande-annonce en français

Ce premier long-métrage d’Alice Vial nous bouscule dans notre rapport à la vie. La réalisatrice a décidé de raconter l’histoire d’Elsa, une médecin en soins palliatifs, qui a un don spécial, celui de voir et de parler aux morts. Ce don l’enferme dans la solitude et dans le travail, car d’en parler a rendu compliquées ses relations antérieures. À 40 ans, cette femme qui a tourné le dos aux histoires d’amour rencontre Oscar, un homme charmant qui lui redonne espoir et qui fait renaître en elle la possibilité d’aimer. Alors qu’elle s’abandonne à ses sentiments, Elsa réalise rapidement que la présence de cet homme doux n’est pas aussi réelle qu’elle le croyait. Elle se permet quand même de goûter un instant à cet amour tendre qui la sort de l’isolement. 

Sous le couvert de ce qui s’apparente à une histoire d’amour classique se dévoilent des thématiques essentielles, telles que la mort, l’absence, ainsi que les différentes phases du deuil. Magalie Lépine-Blondeau dans le rôle d’Elsa nous tend la main avec une grande délicatesse pour nous transporter à travers ce parcours profond et émotif. L’Âme idéale est une enfilade de scènes qui nous fait danser entre questionnements existentiels et joie de vivre. Cette ambivalence surprend jusqu’à nous couvrir de larmes autant que de sourires et nous rappelle que la vie est un aller-retour perpétuel entre ces sentiments : la joie n’a de sens que parce que la tristesse vient parfois nous rendre visite.

Bien que le film traite d’un sujet fantastique, on y retrouve un grand réalisme avec un fantôme très vivant qui nous laisse s’abandonner dans le désir de vivre. Jonathan Cohen, que l'on a pu récemment voir dans Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, signe le jeu du personnage d’Oscar et nous enveloppe avec une touche d’humour nécessaire à la mélancolie du récit. Il est la courroie de transmission pour le personnage de l’actrice principale et lui donne les outils nécessaires pour avoir le courage d’être soi-même et d’embrasser l’espoir de vivre. 

C’est d’ailleurs la chimie fascinante de ce duo qui rend l’histoire encore plus profonde et touchante. Les personnages secondaires, avec leur grande intensité, illuminent d’une façon remarquable l’arc narratif de la protagoniste. On pense entre autres à l’une des patientes d’Elsa, Mimi, incarnée par Anne Benoît. Elle offre une performance d’une authenticité bouleversante qui soutient l’histoire et surtout, qui nous replonge une fois de plus dans des thèmes universels, tels que la vie et notre rapport à la mort. Il s’agit en fait d’une œuvre qui parle de la mort pour mieux se questionner sur la vie. Est-ce qu’on vit assez intensément ? Est-ce qu’on ne passe pas à côté de sa vie ? Est-ce qu’on dit assez aux gens qu’on les aime ? Est-ce qu’on est au bon endroit dans sa vie ? 

Il va sans dire que le concept de ce film est ambitieux. Il aurait facilement pu glisser vers une science-fiction à saveur surnaturelle, mais le contraste entre le concept fort et la réalisation sobre donne une originalité marquée qui prend tout son sens. Ce choix conscient de la réalisatrice permet de souligner que le cinéma a la capacité de nous faire croire à des histoires impossibles.