D’une rencontre improbable dans un train pour Genève avec une admiratrice exaltée et envahissante (Valérie Lemercier), un chanteur populaire désespéré et au bout du rouleau (Gérard Darmon) verra son existence changer du tout au tout, pour son plus grand bonheur. À première vue, sur papier, le synopsis de la comédie romantique Aimons-nous vivants semblait prometteur, mais, une fois à l’écran, il en va autrement.
Les récits de deux personnages aux antipodes, contraints de faire un bout de chemin ensemble avant de se découvrir mutuellement, sont légion au cinéma, mais celui imaginé par le réalisateur et coscénariste Jean-Pierre Améris (Je vais mieux) ne passera pas à l’histoire tellement il est cousu de fils blancs et de quiproquos tirés par les cheveux.
S’inspirant pour son titre d’une chanson éponyme ringarde et kitsch de François Valéry, le quinzième long-métrage du cinéaste français l’est tout autant d’une certaine façon. Son offrande multiplie les situations caricaturales et bancales où Antoine Toussaint, roi de la bougonnerie, cherche à s’échapper des griffes de la disjonctée Victoire, sortie de prison pour un week-end afin d’assister au mariage de sa fille. Et la dame de ne cesser de lui mettre des bâtons dans les roues dans son projet de se rendre en Suisse afin d’obtenir l’aide médicale à mourir (ou suicide assisté comme on dit là-bas).
De fil en aiguille, sur l’air de Fuis-moi, je te suis, suis-moi je te fuis, l’animosité de la vedette à l’égard de celle qui le poursuit de ses avances se transformera en romance, propice à des rapprochements, dixit l’expression consacrée, qu’on voit venir gros comme des ballons de plage. Déterminé à en finir au début du film, notre chanteur déconfit découvrira que la vie, la sienne du moins, celle qu’il veut abréger volontairement, peut-être belle, fût-elle au bras d’une femme frivole et qui n’a pas toujours toute sa tête, mais qui en connaît un max sur deux trois choses de l’existence.
Clairement destiné à un public d’âge mûr en raison du profil de sa distribution et de son thème sous-jacent, Aimons-nous vivants offre bien peu à se mettre sous la dent. À défaut de trouver une quelconque originalité dans le scénario et la mise en scène, le spectateur ne peut non plus se rabattre sur le jeu des comédiens, sympathiques au demeurant, mais prisonniers d’un scénario qui prend l’eau, particulièrement vers la fin..
Gérard Darmon, vu plusieurs fois devant la caméra de Claude Lelouch (Tout ça... pour ça!) et d’Alain Chabat (Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre), se contente de jouer sur le pilote automatique, alors que Valérie Lemercier (Aline, Le petit Nicolas, Les visiteurs) en met plus que le client en demande dans le rôle de la mouche du coche, au point d’en devenir agaçante. Dans un timide rôle secondaire, Patrick Timsit incarne l’agent bienveillant (et seul ami) de son poulain.
En résumé, une naïve leçon de vie et de résilience qu’on a tôt fait d’oublier.
