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Affiche en français du film Pression
Pression
Très bon
Très bon

Un thriller de guerre efficace mené par des acteurs exceptionnels

Une distribution de haut niveau livre des performances remarquables dans l’adaptation d’une pièce de théâtre relatant un moment critique lors de la Deuxième Guerre mondiale.

Contenu de la critique

Bande-annonce officielle en anglais 2

Soixante-douze heures avant le débarquement de Normandie, le général Dwight D. Eisenhower (Brendan Fraser) demande au capitaine James Stagg (Andrew Scott) de prédire les conditions météorologiques pour le lundi 5 juin, 1944. Il n’y a pas de place à l’erreur. Le météorologue Irving P. Krick (Chris Messina) prédit une journée ensoleillée, en se basant sur des modèles antérieurs où les mêmes conditions étaient présentes, mais Stagg n’est pas convaincu. Pour lui, une véritable tempête s’abattra au nord de la France, mettant en péril l’opération que vise Eisenhower lors du Jour J.

Krick croit qu’il n’y a pas raison de s’inquiéter et que cette journée peut se dérouler comme prévu, alors que Stagg implore au général qu’il soit mieux de le reporter à deux semaines, sinon la quasi-totalité des soldats envoyés sur place vont périr. Le sort de cette action militaire repose uniquement sur Eisenhower, qui doit décider, de façon imminente, si ses troupes seront envoyées ou non en Normandie, ce qui pourrait vraisemblablement affaiblir les puissances de l’Axe si elle s'avère un succès.

En transposant la pièce Pression de David Haig (qui a également coscénarisé ce film) à l’écran, le cinéaste australien Anthony Maras vient intensifier le sentiment de tension par les conversations qui se déroulent entre les personnages, en huis clos, plutôt que de donner une certaine saveur cinématographique à l’œuvre originale. Une bonne partie de la durée du film est facilement comparable à une pièce de théâtre filmée, où l’on se repose entièrement sur les échanges tendus entre les personnages pour créer du suspense.

À cet égard, Maras assemble une distribution exceptionnelle, livrant des interprétations mémorables de figures importantes de l’histoire. Andrew Scott, en particulier, donne l’une des meilleures performances de sa carrière en un météorologue qui comprend la gravité de la situation dans laquelle Eisenhower fait face. Il implore, avec grande intensité, que l’armée doive écouter les faits, aussi effrayants qu’ils puissent être, car le coût humain de cette opération sera catastrophique si la mauvaise décision est prise. Un moment dramatique à mi-parcours apportera un ton plus urgent à son portrait du météorologue, exprimé par de subtils changements dans ses expressions faciales, donnant lieu à une scène importante où il déversera une gamme d'émotions fortes devant tous ses supérieurs.

Fraser, quant à lui, excelle dans le rôle d’Eisenhower. Il représente avec brio le conflit intérieur qui le consume alors que la décision qu'il doit prendre est lourde de conséquences. Cette décision le préparera à son rôle de 32e Président des États-Unis, lorsqu'il y sera élu quelques années après la guerre. On aurait aimé, cependant, que les personnages secondaires aient un peu plus de développement que les personnages principaux. Cela est remarqué surtout dans le rôle de Kerry Condon, interprétant Kay Summersby, la secrétaire d’Eisenhower. Leur relation fait encore débat parmi les historiens aujourd’hui, mais on n’y donne pas assez de profondeur émotionnelle tout au long du film.

Lorsque la pression atmosphérique atteint son apogée, Maras met en scène l’invasion de la Normandie d’une brutalité si horrifique qu’il parvient à rivaliser avec la scène d’ouverture de Saving Private Ryan de Steven Spielberg. Sans la musique tonitruante de Volker Bertelmann, qui utilise les mêmes motifs que nous retrouvons dans ses compositions de All Quiet on the Western Front et Conclave d’Edward Berger, cette scène aurait eu un impact encore plus puissant. Cela dit, Pression demeure tout de même un film de guerre très efficace montrant à quel point toute décision prise durant ce moment critique a été difficile, car seule une personne avait le pouvoir de déterminer comment cette période sombre de l’histoire allait prendre fin.