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Pression

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Très bon
Rémy Fiers

Haute pression.

La Seconde Guerre Mondiale, bien plus que tout autre conflit qu’a connu notre planète, semble un vivier d’inspiration inépuisable et foisonnant pour le septième art. On ne compte plus les œuvres qui touchent de près ou de loin à cette période sombre de l’Histoire, que ce soit le nazisme, les batailles en elles-mêmes, la géopolitique de l’époque ou encore des drames et tragédies la prenant pour contexte. Et c’est sans compter les formats télévisuels ou encore les pièces de théâtre. Et c’est justement de l’adaptation d’une pièce éponyme de David Haig, ayant connu un franc succès sur les planches, dont il s’agit ici avec « Pression ».

Le film entend narrer les trois jours avant le D Day où les considérations météorologiques vont jouer un rôle crucial pour la bataille et décider du jour où les Alliés débarqueront sur les plages de Normandie. Première bonne nouvelle : Haig adapte sa pièce avec le cinéaste Anthony Maras de façon brillante puisque le résultat ne trahit jamais ses origines théâtrales pour être un vrai film de cinéma. Que ce soit par la variation dans les décors intérieurs évitant le huis-clos ou par le biais de la création de séquences nombreuses et utiles sortant du quartier général britannique où Eisenhower et consorts ont posé leurs valises, « Pression » est aéré comme n’importe quel long-métrage et ne ressemble en rien à une œuvre théâtrale même si l’ajout de séquences du débarquement à la fin sont le point faible du film. En effet, la comparaison avec « Il faut sauver le soldat Ryan » - pour ne citer que lui – n’est forcément pas en sa faveur.

Ces dix minutes mises de côté qui – sans être déshonorantes – ne sont absolument pas le cœur du récit, il faut avouer que « Pression » est une réussite. Traiter le sujet par le biais des caprices climatiques et en opposant deux méthodes de météorologie diamétralement opposées s’avère singulier et particulièrement intéressant. On apprend beaucoup de choses sur cette histoire vraie et Anthony Maras confirme, après l’excellent « Attaque à Mumbaï », son aisance à instaurer des situations de tension extrêmement captivantes. Pourtant, « Pression » est davantage un film de dialogues que d’action, mais ceux-ci sont très bien écrits et permettent au long-métrage d’être addictif. La projection passe à une vitesse folle grâce à un rythme soutenu et un récit efficace et concis.

Maras n’oublie pas non plus de soigner ses images. Le plan aérien d’ouverture sur l’opération d’entraînement précédant le D Day est en tous points somptueux avec ce mélange de sable, d’eau presque turquoise que le sang des soldats vient entacher. Mais la séquence de la pluie est également de toute beauté. Enfin, « Pression » (beau double sens pour ce titre) dispose d’un casting impérial avec un Andrew Scott adéquat dans le rôle d’un personnage froid, détestable mais compétent face à un Brendan Fraser, décidément définitivement de retour, impeccable en Eisenhower. Kerry Condon, Chris Messina et Damien Lewis donnent le change dans des seconds rôles tout aussi bien caractérisés. Voilà donc un film de guerre peu commun, instructif et parfaitement orchestré.

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