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Affiche du film Le Diable s'habille en Prada 2
Le Diable s'habille en Prada 2
Très bon
Très bon

Une suite qui a du style... et du mordant

Moins iconique que l’original, mais plus ancré dans son époque, The Devil Wears Prada 2 réussit à évoluer sans renier son ADN. Délicieuse Meryl Streep, rayonnante Anne Hathaway, splendide Emily Blunt et attachant Stanley Tucci : vingt ans plus tard, c’est un pur bonheur de retrouver la distribution originale qui n’a pas pris une ride (dans tous les sens du terme).

Contenu de la critique

Bande-annonce finale en français

Soir d’avant-première. La salle de cinéma est bondée. Un public majoritairement féminin. Des fans de la première heure qui attendaient ce moment. Des recrues qui couraient l’événement. Pour la plupart, une belle soirée de filles en perspective. Des rires, des regards échangés, une belle complicité. Comme de jolies retrouvailles. 

Avec Le Diable s'habille en Prada 2, le réalisateur David Frankel replonge dans l’univers de la mode, mais cette fois dans un contexte radicalement transformé : crise des médias, domination du numérique et dérives de la consommation rapide. Miranda Priestly est de retour dans un monde de la mode en pleine mutation. Plus actuelle, plus politique, cette suite réussit à conjuguer nostalgie et regard acéré sur notre époque… avec, bien sûr, des talons hauts toujours aussi redoutables.

Le scénario reprend une structure efficace, fidèle au premier film (désormais culte) : rivalités, trahisons, alliances fragiles... Mais là où cette suite surprend, c’est dans la profondeur de son propos.

Le film ne se contente plus de nous faire entrer dans les coulisses du glamour : il remet en question le système. Le magazine Runway vacille, pris entre héritage prestigieux et impératifs financiers, tandis que de nouveaux joueurs (directement inspirés des grandes figures techno-mégalomanes à la Jeff Bezos) menacent de tout redéfinir.

Miranda Priestly, elle, demeure fascinante. Meryl Streep est, encore une fois, impériale. Elle incarne à elle seule cette industrie à la croisée des chemins. Froide, brillante, altière… mais aussi, par moments (et ça fait du bien) vulnérable.

Anne Hathaway retrouve une Andy plus affirmée, moins naïve, mais toujours tiraillée entre ambition et intégrité. Emily Blunt reprend magnifiquement son rôle d’accro de la mode et offre de succulentes répliques. D’ailleurs, le film n’oublie pas d’être très drôle. Les fans du premier opus seront particulièrement gâtés: les inside jokes fusent, les clins d’œil sont nombreux et souvent hilarants. Certaines scènes mettant en vedette Miranda valent à elles seules le détour (notamment lorsqu’elle se retrouve coincée en classe économique dans un vol vers Milan, ou encore dans ses tentatives maladroites d’adopter un vocabulaire plus inclusif et woke). Voir cette icône du cynisme tenter de naviguer dans les codes contemporains donne lieu à des moments franchement savoureux.

La trame sonore – Doechii, Dua Lipa, RAYE, SZA et Lady Gaga (dans un excellent cameo) – insuffle une énergie qui ancre solidement le film dans son époque. On croise également une impressionnante galerie de figures de la mode (Donatella Versace, Marc Jacobs, Heidi Klum…), clin d’œil assumé à cette industrie qui se met elle-même en scène.

Le film réussit (malgré toute sa légèreté) une critique sociale étonnamment pertinente: fast fashion, surconsommation, perte de sens. Jusqu’où est-on prêt à aller pour rester pertinent? Et surtout… pourquoi? En ce sens, The Devil Wears Prada 2 est à la fois une suite nostalgique et une mise à jour nécessaire un reflet d’une industrie (et d’une société) en pleine mutation.

MAIS… on y va d’abord pour voir du beau. Les tenues impeccables signées par la créatrice de costumes Molly Rogers (qui reprend le flambeau de la reine Patricia Field avec brio) et les outfits qui donneront envie de marcher un peu plus droit (et avec style!).