Rutilant, rapide et efficace, on ne peut le nier, ce « F1 » est le parfait divertissement calibré pour faire chauffer les climatisations des salles de cinéma cet été. Un blockbuster onéreux mais dont le budget se voit à l’écran et qui donne le plaisir recherché au spectateur en plus d’être confectionné avec talent et tout entier voué au plaisir de ses spectateurs. Un peu comme les bonnes vieilles grosses production des années 90 destinées à enjoliver notre été ou un succès populaire comme le fameux « Top Gun : Maverick » d’il y a trois ans. Ça tombe bien justement : d’abord c’est le même réalisateur à la barre, Joseph Kosinski, que la suite du film culte avec Tom Cruise et ensuite c’est le fameux Jerry Bruckeimer, pape des blockbusters estampillés nineties (« Armageddon », « Rock », ...), qui produit.
Un duo gagnant et qui privilégie le grand spectacle et l’efficacité à toute tentative de surprise. On retrouve donc ici un domaine qui inspire de manière sporadique le cinéma de divertissement, celui des sports automobiles et plus précisément de la Formule 1 ici. Un sport populaire qui peut fédérer une bonne partie de la planète. On dispose d’un scénario à base de dépassement de soi-même, de filiation et de mentor (même si la tête brûlée est ici davantage l’aîné). Le cocktail proposé est d’ailleurs bien établi : une petite dose de suspense, une grosse louche de tension et de vitesse, un soupçon de romantisme agrémenté d’une pincée de drame. Et, pour chapeauter tout cela, un réalisateur compétent rôdé aux grosses machines (Kosinski donc) et un acteur mythique. Et ici, c’est Brad Pitt, parfait et génial dans un rôle où son charme vieillissant mais aussi ses talents innés d’acteur peuvent briller.
Vous l’aurez compris. « F1 » c’est du grand film populaire mais dans le bon sens du terme; une œuvre généreuse qui ravira les fans de Formule 1 mais contentera aussi dans la grande majorité les profanes. On ne comprend peut-être pas tout aux enjeux et aux détails techniques et règlements de ce sport mais le film nous embarque pareil. Le noyau attractif et spectaculaire du film sont les courses bien sûr et elles sont filmées avec toute la maestria nécessaire pour un tel projet et indexées sur les derniers progrès techniques en matière de cinéma. Elles sont impeccables, aussi impressionnantes que bien découpées. Quant à la petite romance entre Kerry Condon et Pitt, elle est attachante quand les sous-intrigues avec les autres personnages font le travail.
En revanche, il est certain que le script est prévisible au possible. Du tracé général de l’intrigue entre déceptions, espoir et victoire, tout est balisé comme jamais. Et la présence d’une love interest ou encore d’un traître dans le scénario tout comme les commentateurs sportifs et la vision proposée du côté relations presse et marketing, tout cela fait partie d’une ligne narrative qui semble vouloir cocher des cases. Mais c'est bien fait et on ne rechigne pas devant un film qui dure plus de deux heures et trente minutes mais qu’on ne voit pas passer. Seul gros hic : la bande originale, composée de musique mainstream et dégueulasse, ne plaira clairement pas aux fines oreilles. « F1 » est un peu le « Gran Turismo » version haut de gamme (même si ce dernier était plus que correct) mais il ne détrônera pas, par exemple, l’excellent « Rush » de Ron Howard.
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