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Affiche du film Dansez dans les rues 4
Dansez dans les rues 4
Pauvre
Pauvre

L'art contestataire

MĂȘme s'il en avait pourtant l'occasion, Step Up Revolution ne rĂ©volutionne absolument rien, au contraire. Il recycle de vieux stĂ©rĂ©otypes et y ajoute des saveurs actuelles (bondĂ©es de YouTube, de Facebook, de Twitter, de Flash mob) pour tenter de nous convaincre que la franchise Ă©volue et se perfectionne.

Contenu de la critique

Pré-bande-annonce en français

On dira qu'un scĂ©nario bien ficelĂ© et intelligent n'est pas ce qu'on recherche lorsqu'on va voir un film comme Step Up Revolution; peut-ĂȘtre, mais il y a tout de mĂȘme des limites Ă  l'impertinence et Ă  l'abrutissement d'un scĂ©nario. Le quatriĂšme opus de cette franchise fort populaire au QuĂ©bec rĂ©unit tous les clichĂ©s du genre (la ballerine riche et talentueuse et le bad boy des quartiers dĂ©favorisĂ©s qui sont victimes d'un coup de foudre dĂ©vastateur, les morales Ă  la « Aie confiance en toi » et « Brise les rĂšgles » ainsi les personnages secondaires Ă©clatĂ©s fidĂšles Ă  l'excĂšs au hĂ©ros et Ă  ces principes) et en forge mĂȘme de nouvelles, au grand dĂ©sespoir des critiques et des gens de plus de douze ans qui ont vu plus de deux films dans leur vie. Je suis peut-ĂȘtre de mauvaise foi, mais ce genre de brouillon produit Ă  coup de millions me rend de plus en plus pessimiste.L'hypothĂšse de dĂ©part n'Ă©tait pourtant pas complĂštement absurde; de faire de la danse un moyen de rĂ©volution, un tremplin Ă  la manifestation, donnait un nouveau souffle Ă  la sĂ©rie de films commerciaux. Malheureusement, le fondement du soulĂšvement - contre l'industrialisation et la souverainetĂ© des grandes entreprises - devient rapidement obsolĂšte et risible, surtout lorsqu'on sait qu'il se termine par la signature d'un contrat avec Nike. L'idĂ©e d'exploiter le « flash mob » - ces gens qui se rĂ©unissent dans des endroits publics et exĂ©cutent des chorĂ©graphies au grand dam d'une foule Ă©bahie - en Ă©tait aussi une particuliĂšrement astucieuse. Sortir du cadre des danseurs qui dĂ©sirent plus que tous entrer dans des Ă©coles prestigieuses promettait une dose de fraĂźcheur bienvenue. Seulement, c'Ă©tait ici encore un leurre. Step Up Revolution utilise les mĂȘmes balises que ses prĂ©dĂ©cesseurs (plutĂŽt que d'ĂȘtre une Ă©cole, c'est un stage qui amĂšnerait ultimement Ă  une troupe) tout en parsemant, assez maladroitement, le tout de quelques chorĂ©graphies façon « flash mob ». C'est probablement d'ailleurs la seule chose un peu intĂ©ressante au sein de l'oeuvre; les scĂšnes de danse sont colorĂ©es, bien exĂ©cutĂ©es et originales, mais (parce qu'il y a lĂ  aussi un mais) trop souvent filmĂ©es en plan rapprochĂ© ce qui nous empĂȘche d'apprĂ©cier l'ensemble de la piĂšce.MĂȘme si, comme le scĂ©nario, on ne se dĂ©place pas pour admirer les performances poignantes d'acteurs Ă©tonnants lorsqu'on va voir Step Up Revolution, il reste que Kathryn McCormick (ancienne concurrente de l'Ă©mission So You Think You Can Dance) et Ryan Guzman ne possĂšdent pas la chimie, ni mĂȘme le charisme pour tenir un film - aussi lĂ©ger soit-il - sur leurs Ă©paules. MotivĂ©s par des prĂ©ceptes convenus et, finalement, fort peu incitatifs, tels que « Se battre pour ce qu'on veut vraiment » et « Suivre ses rĂȘves malgrĂ© le jugement d'autrui », leurs personnages se noient dans cet univers mal orchestrĂ© et n'ont rien de bien louable Ă  nous transmettre Ă  nous, spectateurs attentifs et candides.MĂȘme s'il en avait pourtant l'occasion, Step Up Revolution ne rĂ©volutionne absolument rien, au contraire. Il recycle de vieux stĂ©rĂ©otypes et y ajoute des saveurs actuelles (bondĂ©es de YouTube, de Facebook, de Twitter, de Flash mob) pour tenter de nous convaincre que la franchise Ă©volue et se perfectionne. Nous ne sommes pourtant pas bonasses, et mĂȘme si on a Ă©tĂ© impressionnĂ© - disons agrĂ©ablement surpris - la derniĂšre fois par la qualitĂ© du 3D, ce qui nous a distraits de la puĂ©rilitĂ© des textes, nous sommes cette fois pleinement attentifs, et donc invariablement dĂ©senchantĂ©s.