Peut-être fallait-il être jeune au début des années 1990 pour saisir l’ampleur du phénomène Street Fighter II. Les gens faisaient littéralement la file à l’arcade pour y jouer! Le succès s’est poursuivi lors de la sortie du jeu de combat sur la console Super NES, puis en 1994, deux adaptations cinématographiques ont été produites : un film d’animation japonais, ainsi que Le bagarreur de rue, un long métrage mettant en vedette Jean-Claude Van Damme. Ce dernier était franchement raté, si bien que la porte était grande ouverte pour qu’une meilleure version en prises de vue réelles voie le jour tôt ou tard.
L’orphelin Ryu (Andrew Koji) et le playboy Ken Masters (Noah Centineo) ont passé de nombreuses années ensemble au Japon, s'entraînant avec le même maître d’arts martiaux. Ils ont toutefois perdu contact depuis que le premier a remporté le Tournoi des guerriers du monde en 1987 pour ensuite disparaître sans laisser de trace. Six ans plus tard, en 1993, le dictateur Lord M. Bison (David Dastmalchian) organise un nouveau tournoi à Metro City, avec comme objectif secret de faire sortir Ryu de son exil et de lui dérober ses pouvoirs à l’aide d’une mystérieuse machine. Parallèlement, le démon Akuma (Joe « Roman Reigns » Anoa'i, l’actuel champion des poids lourds de la WWE) attend également le retour de Ryu pour se manifester...
Ponctué de percutants flash-back animés, Street Fighter : le Film repose sur une intrigue incohérente et abracadabrante, le scénario étant surtout une excuse pour multiplier les affrontements violents. De fait, le film réalisé par Kitao Sakurai (Bad Trip) ne manque pas de scènes d’action excitantes, même si le montage aurait pu être moins frénétique lors de celles-ci. C’est malgré tout distrayant de découvrir divers styles d’arts martiaux et, surtout, de reconnaître les coups spéciaux des nombreux personnages, qui incluent des décharges d’électricité et des boules de feu. Hadouken!
Parmi eux, on retrouve notamment le soldat américain à la coiffure improbable Guile (Cody Rhodes, une autre vedette de la WWE), le yogi indien Dhalsim (Vidyut Jammwal), le boxeur afro-américain Balrog (le rappeur Curtis « 50 Cent » Jackson), l’ogre brésilien Blanka (Jason Momoa), le lutteur soviétique Zangief (le culturiste Olivier Richters), le ninja espagnol Vega (le musicien Orville Peck), le sumo japonais E. Honda (Hirooki Goto), ainsi que Chun-Li (Callina Liang), une agente chinoise d’Interpol qui souhaite venger son père, qui a été tué par M. Bison.
Mettant aussi en vedette les humoristes Andrew Schulz et Eric André, Street Fighter : le Film multiplie les gags parfois douteux, ce dont on aurait pu se passer. Mais l’intérêt principal demeure de découvrir une adaptation relativement fidèle du jeu vidéo où abondent les « Easter eggs », ce qui devrait plaire aux fans. Il est futile d’y rechercher une quelconque profondeur ou de grandes ambitions artistiques, mais c’est un bon divertissement qui amusera particulièrement ceux qui se tenaient à l’arcade dans les années 1990. La trame sonore regroupe d’ailleurs des succès d’artistes de cette époque tels que 4 Non Blondes, The Offspring et White Zombie. On n’échappe pas à la nostalgie!
