Nemo Nobody est le dernier mortel de l'humanité. À 118 ans, en 2092, il est une attraction pour les journalistes qui veulent tout connaître de sa vie. A-t-il choisi de partir au Canada avec sa mère ou de rester en Angleterre avec son père, lors de leur divorce? Laquelle de ses trois compagnes de classe a-t-il choisie pour bâtir sa vie d'adulte? La belle Anna, la dépressive Elise ou la délicate Jean? Au crépuscule de sa vie, Mr. Nobody n'a plus de certitudes, sinon que ses souvenirs peuvent très bien lui mentir. Et cela lui importe bien peu.
« Nemo finira même par justifier lui-même son improbable autobiographie en citant une phrase de Tennessee Williams qui résume parfaitement le film et son propos : « Everything could have been anything else and it would have just as much meaning ». C'est ce remarquable non-sens qui donne le plus de poids à l'entreprise : à quoi sert finalement cet exercice virtuose et un peu vain? A rien si ce n'est à prouver que le cinéma peut encore se permettre d'avoir des ambitions qui dépassent ses moyens. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle. »
« Pendant que l'oeil est ravit, le cerveau n'est pas en reste. Le metteur en scène et scénariste a concocté une intrigue foisonnante, par moment insaisissable, qui se plait à explorer les possibilités complexes de l'existence. Les ellipses sont donc nombreuses, tout comme les superpositions de destins parallèles. »
« Aussi simple soit-il, un choix peut faire basculer toute une vie. Imaginez lorsqu'il est primordial et vous est mis sur les épaules alors que vous n'êtes encore qu'un enfant. Que faire quand cette décision va déterminer celui que vous allez être? Et si vous pensiez différemment, en ne faisant rien? Est-ce possible? Grâce au cinéma, oui, ça l'est. »
« Certes, la vision futuriste que propose Jaco Van Dormael surprend tant par ses emprunts à Kubrick que par ses éléments burlesques, mais l'ensemble par trop esthétisant agace plus qu'il ne séduit. Quant aux multiples ramifications du récit, elles se révèlent d'un intérêt inégal et se soldent par une réflexion sur les possibilités tournant trop tôt à vide. »
« Ces réminiscences, qui s'enchaînent parfois à un rythme hésitant, sont traitées tour à tour de manière tragique ou ironique. Qu'il soit grimé en vieillard ou qu'il incarne le protagoniste dans la force de l'âge, l'acteur américain Jared Leto offre un jeu plein de virtuosité. »
« Malgré des interprétations convaincantes de Jared Leto, Diane Kruger, Sarah Polley et Linh Dan Phan, entre autres, on ne parvient tout simplement pas à se greffer à l'imagination du réalisateur, comme c'était le cas dans ses deux films précédents. Cet ensemble décousu de plus de deux heures tombe à plat, quel dommage! »
« Critique facile de l'époque, réflexion pompeusement philosophique sur les hasards de la vie, Mr. Nobody en a trop à dire, avec trop d'images et trop d'effets de réalisation. Trop, malheureusement, c'est comme pas assez. »
« Van Dormael n'apporte évidemment pas de réponse à cette question à un million, laissant au spectateur le soin de démêler, entre réalité et illusion, l'invraisemblable de l'incroyable. L'essentiel ici n'étant pas nécessairement de tout comprendre, mais de se laisser porter par l'émotion. »
« On tente, avec lui, de reconstituer sa vie. Passionnément durant les deux premiers tiers, difficilement ensuite. La faute à un script en puzzle dont quelques pièces ont été oubliées en cours de route. Le film n'en demeure pas moins fascinant. Sacré embrouillamini, mais belle démesure. »
« Ce n'est pas tant l'extravagante confusion, ni même l'esthétique vaguement publicitaire qui en résulte à l'écran qui est gênante que l'ennui incommensurable qui découle de ce parti-pris "philosophique" pour la dramaturgie du film, puisqu'il se vérifie que vouloir tout vivre à la fois équivaut, pour un personnage de cinéma mais aussi bien pour le commun des mortels, à ne rien vivre du tout. »
« On a un peu le sentiment le cinéaste est tombé dans sa blague et que personne dans son entourage n'a eu le courage d'aller le repêcher. Esthétiquement le film fait montre d'un brio technique évident sans que l'on soit séduit pour autant. »
« Le tout baigne dans une esthétique de pub pour assurances agrémentée d’effets spéciaux numériques dignes de Hollywood. Aussi prétentieux que vain, le film est un naufrage qui rappelle celui de Coppola avec "l’Homme sans âge". En pire. »
« Condamné au rang d'observateur impuissant, le spectateur reste statique, tour à tour amusé, attristé, désemparé ou ébloui par micro-instants, le temps d'une pose et d'un plan précisément cadré. La faute à un récit plein à ras bord, qui manque paradoxalement d'incarnation. »