Affiche du film  A Good Day to Die Hard
© 20th Century Fox

Une belle journée pour crever

Version en français
v.o.a. : A Good Day to Die Hard
14 février 2013

Papi John, le dur à cuire

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Pour apprécier A Good Day to Die Hard, il faut éviter de le prendre au sérieux. Parce qu'il est évident qu'un film sur des méchants Russes attachés à un complot entourant Tchernobyl, un vilain qui mange une carotte en torturant ses victimes (ma préférée!), un hélicoptère mis en déroute par un camion blindé qui s'échappe de son ventre en plein vol et deux héros père-fils indestructibles qui subissent des accidents de voiture, sont victimes de coups de fusils et de lances-roquettes, se font cogner solidement par leurs assaillants et s'en sortent sans une égratignure (peut-être une ou deux), c'est assez invraisemblable. Mais, John McClane fait partie de ces héros inatteignables qu'il est - encore - bon de voir massacrer des vilains sans foi ni loi.

Le rôle de l'assassin vieillissant, mais toujours enclin de la même fureur, est un personnage que l'inaltérable Bruce Willis a l'habitude de personnifier depuis quelques années - dans Red, The Expendables, G.I. Joe: Retaliation. On aurait pu croire qu'il reprendrait encore ce personnage du héros usé et fatigué pour le nouveau Die Hard, mais la présence de son fils à l'écran et, bien sûr, le fait que le policier de New York reste invincible, même dans la soixantaine, empêche le protagoniste de tomber trop abruptement dans l'évidence et le déjà-vu.

A Good Day to Die Hard renferme aussi - comme dans les chapitres précédents - son lot de scènes d'action irréalistes et truculentes. La poursuite en voitures du début, quoique trop longue, comporte certaines tournures intéressantes, notamment l'évitement ingénieux d'une roquette par un John McClane au volant d'une camionnette. La séquence dans la salle de bal où les héros père-fils sont attaqués par un danseur Russe (qui mange une carotte; je tripe sur la carotte!) puis par la mitraillette d'un hélicoptère, s'avère aussi assez impressionnante, mais la plus grandiose reste la scène finale à Tchernobyl lorsqu'un camion blindé attaché par une chaîne s'échappe d'un hélicoptère, lui aussi blindé, en vol.

On sent bien que John Moore a voulu donner une ambiance à son film avec sa caméra nerveuse, presque jamais fixe, mais cette technique, maintenant émoussée, ne colle pas à l'univers disproportionné de Die Hard. Le montage, aussi convulsif, des - nombreuses - séquences d'action nuit, au final, à l'intelligibilité de la situation. À certains moments, on ne sait plus où sont rendus les héros et comment ils y sont arrivés. Une esthétique plus conventionnelle, plus posée, aurait certes été moins vivante, mais aurait empêché bien des maux de tête aux spectateurs, étourdis au moment de rentrer à la maison.

La seule chose qui dérange vraiment dans cette production légère et divertissante, ce sont les quelques séquences dramatiques où le père s'excuse de n'avoir pas su être présent pour son fils et que les deux hommes se réconcilient officiellement en choisissant leurs armes dans le coffre d'une voiture volée. Le mélodrame n'est pas nécessaire dans cette franchise et ne fait que consterner et écoeurer le public fidèle.

A Good Day to Die Hard est à l'image de ses prédécesseurs; incisif, amusant, compétent (mettons-y quelques bémols) et complètement illogique. Un bon film pour débrancher notre cerveau et se relaxer devant l'ineptie la plus totale.

Partager sur : Twitter Facebook
Photo Elizabeth Lepage-Boily

Mes dernières critiques

Site conçu et développé par Logo Libéo
Représentation publicitaire par Logo Moviefone
© 2016 Média Happy Geeks inc. Tous droits réservés.