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Mon fils ne revint que sept jours

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Très bon
Sébastien Veilleux

Les cycles de la vie

Le roman de David Clerson m’avait fait une forte impression. J’étais curieux de voir l’adaptation parce que c’est du nature writing. La psychologie des personnages passe beaucoup par la description de la faune et de la flore; dans ce cas-ci une tourbière sauvage, lieu de décomposition et de régénérescence de la forêt. Je me demandais si le réalisateur Yan Giroux allait réussir à transposer cette forme d’écriture à l’écran.

La réponse est oui !

Un fils absent depuis longtemps, un globe-trotter vagabond, ce que Jack Kirouac appelait un clochard céleste, réapparaît un jour devant le vieux chalet où sa mère vit seule en plein nature. Les retrouvailles sont bizarres, silencieuses. Le fils est affaibli, usé par la vie. La mère reste prudente, sachant qu’il peut s’enfuir à tout moment. Le grand défi du nature writing c’est d’habiter le silence.

La tourbière a joué un rôle-clé dans leur relation, c’est un endroit qu’ils ont découvert ensemble, difficile d’accès. Tant pour la mère (Marie-France Marcotte) que le fils (Francis La Haye), c’est une épreuve physique de s’y rendre à nouveau. Yan Giroux les filme de loin, en formant 4:3 (image carrée). Les deux personnages semblent écrasés par la nature qui les entoure. Au lieu de multiplier les close-up sur la biodiversité comme l’aurait fait Terrence Malik, Yan Giroux s’intéresse moins à la beauté de la nature qu’à l’effort qu’elle exige pour y survivre, le risque de se perdre, de s’enliser, d’être recycler par elle.

Mon filleul me fait beaucoup penser au fils. Lui aussi c’est un clochard céleste. Voilà pourquoi le roman m’avait touché. Le film de Yan Giroux m’a fait le même effet. C’est une œuvre à petit budget : 2 comédiens, 1 décor et une approche poétique. Ce n’est pas pour tout le monde, mais moi j’ai vécu quelque chose.