L'écran d'ordinateur comme une fenêtre vers un abîme infernal. Un Palantir techno-satanique.
Probablement le meilleur film québécois que j'ai vu de ma vie, incomparable en son genre au Québec. Seul quelques comédies prisées (''La grande Séduction'' me vient en tête seulement) livrent autant la marchandise, dans leur créneau, que ''Les chambres rouges''.
Très discipliné, ne sort pas du cadre que le réalisateur semblait s'être fixé au départ.
Le thriller nous tient en hyper tension du début à la fin.
Petit point critique (mais pas négatif) : Difficile de s'attacher à la protagoniste, malgré son interprétation à couper le souffle, mais au moins le 2e personnage féminin est un peu là pour donner du cœur au récit, surtout quand on commence à la prendre en pitié.
On se sent vraiment pris au piège en étant contraint de suivre Lady of Shallott dans les recoins les plus sombres du dark web et dans la salle d'audience. La peur de voir ou d'entendre quelque chose qui nous marquera à vie nous suit aux trippes. Nous sommes un auditoire qui avons fait un choix mal éclairé.
2e point critique : un aboutissement vers une scène d'action ultime à la ''Silence of the Lambs'' aurait transfiguré le film en véritable chef d'œuvre incontesté, mais le risque de la bien exécuter était sans doute trop grand et c'est très comprenable. De toute façon, la scène finale est très bien et beaucoup plus originale sans aucun doute, elle donne aussi froid dans le dos.
L'image de ce grand écran noir me hantera autant que l'image de leur propre lit aura hanté la génération qui m'a précédé après le visionnement de l'Exorciste.