1957. La Guerre froide fait rage et les États-Unis et l'URSS sont sur un pied d'alerte, se scrutant minutieusement. Après une longue filature, des agents du gouvernement américain arrêtent à Brooklyn Rudolf Abel qui est soupçonné d'être un espion russe. Tout le monde l'accuse avant qu'il ne soit jugé et l'avocat James B. Donovan est vilipendé pendant le procès pour avoir pris sa défense. La peine de mort est exigée et elle n'est qu'une formalité. De quoi irriter son avocat qui est prêt à tout afin de négocier un accord pour lui sauver la vie.
« Troquant le suspense attendu pour un discours nuancé sur l'échange et la communication (les négociateurs, secrétaires et autres intermédiaires y jouent un rôle central), ce drame d'espionnage prend la forme d'un plaidoyer - à l'intelligence discrète et à l'humour salvateur - en faveur d'une démocratie flexible et humaine. »
« Steven Spielberg livre là un drame où l'histoire se joue à hauteur d'homme, ce qu'il sait faire - et bien faire. Sa signature, son amour de cette époque et des acteurs, son talent de conteur sont visibles du début à la fin de ce long métrage qui n'ampute pas les zones grises et les faiblesses des gens. Ces héros sont humains. Et, parfois, fatigués. »
« Avec l'âge (il a désormais 68 ans), Steven Spielberg devient moins flamboyant, plus introspectif, s'effaçant derrière ses acteurs, à qui il laisse le soin de générer émotions et questionnements. Et le duo formé par Tom Hanks et Mark Rylance y parvient parfaitement. »
« Des cinéphiles s'amuseront assurément à décortiquer l'apport des frères Cohen au scénario et dialogues. Une certaine ironie teinte ainsi les entretiens entre Abel et Donovan obligés de s'entendre au moins un peu. »
« Les amateurs de drames historiques, d'intrigues politico-judiciaires ou encore d'histoires vécues y trouveront leur compte bien davantage que les cinéphiles aguerris. Spielberg s'acquitte honorablement de sa tâche, sans faire preuve de zèle ni de créativité, et la distribution irréprochable permet de surfer sur la dernière partie du film qui manque singulièrement de consistance. »
« Again, it's not that Bridge of Spies is a bad film; it's a fine one, but it's only just fine. It's rare Spielberg's movies aren't considered by me to be major events (he's directed at least three of my favorite movies of all time), but his latest isn't quite a « must see ». »
« Rylance, one of the greatest of contemporary stage actors, has to date had only an intermittent screen career, but Bridge of Spies suggests that could be about to change. He brings fascination and very, very subtle comic touches to a man who has made every effort to appear as bland, even invisible, as possible. The entire cast is engaging down the line. »
« Bridge of Spies works best in the gray areas, when Donovan sees Abel and Powers as patriots doing the bidding of their countries. It resonates when Spielberg gives us action that defines character, as in Donovan's trip to Berlin, where conspiracies damn near kill him. »
« It's no small feat turning a shyster and an enemy spy into national heroes, but that's the unique achievement of Steven Spielberg's Bridge of Spies. »
« It's Rylance who keeps Bridge of Spies standing. He gives a teeny, witty, fabulously non-emotive performance, every line musical and slightly ironic - the irony being his forthright refusal to deceive in a world founded on lies. »
« This duality of perception vs. reality and, eventually, the concept of those three triangular points of interest (reflection, man, painting) - which look similar but aren't quite - will resurface in Bridge of Spies, a daring, studied, mannered true story that is at once remarkably genuine and deeply cinematic at the same time. It's one of the best films of the year. »