Le principal enjeu du film est l’opposition entre la foi et la religion. La
foi d’un homme solitaire (Denzel Washington) qui a pour mission de protéger la
dernière Bible sur Terre ; la religion d’un autre (Gary Oldman) qui
cherche à ravir le livre pour asservir les hommes. Cette thématique théologique
risque d’en rebuter plus d’un, mais à tort. Cette quête du personnage d’Eli va
plus loin qu’une simple mission messianique pour protéger la parole de Dieu.
C’est une réflexion nuancée sur l’héritage de la culture judéo-chrétienne,
l’influence que cette dernière a eu sur notre société, notre système de
valeurs, sur le rapport que nous avons avec les autres. Dans The Book of Eli, le monde a été
détruit suite à une grande guerre – une guerre provoquée par les religions – ce
qui explique pourquoi les hommes ont brûlé tous les livres sacrés, faisant
table rase de notre passé. Mais comment apprendre de nos erreurs lorsqu’on
efface totalement notre mémoire, celle de toute une collectivité ? Une
question que se pose le film, mais subtilement, en trame de fond, ne prenant
jamais le pas sur l’action de ce film crépusculaire d’une beauté plastique
indéniable.