« Refn (...) se retrouve figé dans la position du cinglé moraliste en complet de laine, qui se contemple éructer son catéchisme depuis le fond d’un aquarium de miroirs. »
« Le résultat, beau mais sans âme, est à l'occasion risible, par la faute d'un scénario minimaliste (un choix défendable au demeurant), dépourvu d'un vrai pouvoir d'évocation, et dont le dernier acte, propulsé par un retournement inattendu, semble totalement superflu. Au sein d'une distribution dans la retenue et presque fantomatique, la solide et atypique Jena Malone est la seule à défendre un vrai personnage. »
« Ce diable de Nicolas Winding Refn nous refait le coup. Comme pour Drive, The Neon Demon (son nouveau film reparti bredouille de la récente compétition cannoise) nous en met plein la vue. Tellement que ça déborde. Amateurs d'esthétique flamboyante, d'horreur chic, de trash pervers, de valse morbide, accrochez-vous : c'est une orgie du genre. »
« Ce culte outrancier à la beauté - un dialogue sur l'utilité de la chirurgie esthétique illustre brillamment ce point - est le signe indéniable d'une société malade, ce que prouve parfaitement bien, malgré quelques moments de symbolisme un peu lourd, ce cinéaste inclassable. »
« Quant à la dimension horrifique du long-métrage, elle tombe comme un cheveu sur la soupe dans le dernier tiers du film. Ne préparant pas son spectateur aux scènes choc de la fin, Winding Refn cherche la subversion et ne trouve que la parodie. »
« Nos impressions sont confirmées par la réception cannoise: le film divisera fortement. Il serait pourtant dommage de passer à côté de la chance de se laisser envahir par la terrifiante beauté de The Neon Demon. »
« Au final, malgré la beauté incontestable des images, The Neon Demon est une amère déception. Au potentiel incroyable, il est dommage de voir Nicolas Winding Refn proposer tant d'éléments prometteurs tout en n'effleurant uniquement que la surface de ceux-ci. »
« Le réalisateur danois manie l'art de la provocation avec délectation - il en a choqué plusieurs en raison de certaines scènes très crues. Mais son film sur notre obsession pour la beauté et la superficialité qui l'entoure est à l'image de son sujet : d'une vacuité sidérante. »
« Paradoxalement, il y a, chez l'iconoclaste Nicolas Winding Refn (Drive, Only God Forgives…), quelque chose de morbide, de sinistre, voire même de suicidaire. Comme si le cinéma, la caméra, le plan et le cadre devenaient des sources d'inspiration impulsives. »