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Jay Kelly

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Rémy Fiers

Crise existentielle hollywoodienne.

Adulé par la critique en général, à travers des œuvres comme « Les Berkman se séparent » ou « Frances Ha », Noah Baumbach a un univers bien à lui et hautement reconnaissable, sorte de Woody Allen sous Prozac. Le genre de cinéaste qui, si on est adepte de son cinéma, vous fait trépigner d’impatience. Mais qui confondra aussi ses détracteurs (dont nous faisons partie) dans un ennui poli. Cependant, une de ses œuvres avait quasiment conquis tout le monde en gommant les tics intellos chiants de son cinéma et par la grâce de son duo d’acteurs et d’une écriture plus touchante. Il s’agissait du magistral « Marriage Story ». Depuis, il nous a pondu l’horrible « White Noise » qui fonçait à contrario dans tous ses travers et, aujourd’hui, ce « Jay Kelly » qui figure son film le plus accessible et hollywoodien. D’ailleurs si ce n’est la présence de sa femme et muse Greta Gerwig et quelques thèmes abordés, difficile de savoir que c’est lui à la barre!

Avec ce long-métrage, on est dans ce que l’on pourrait appeler un film de crise existentielle. Et comme elle concerne celle d’un acteur américain vedette, on rajoutera hollywoodienne en second adjectif à ladite crise. La tonalité de « Jay Kelly » oscille entre quelques rires et des moments plus dramatiques mais jamais tragiques. Il est question ici de remise en question, de bilan de vie, de ce qu’on laisse et du fameux « et si c’était à refaire ». Rien de bien nouveau sous le soleil et rien de transcendant non plus dans le traitement choisi. En outre, le film est bien trop long et surtout trop bavard. Pourtant le premier tiers à Los Angeles est prometteur et fait presque illusion avec cette star - et tous les gens qui fourmillent autour de lui - qui pète un câble suite à ses retrouvailles avec une vieille connaissance. Mais une fois arrivé en Europe ça devient de moins en moins concluant et de plus en plus pénible.

On n’en voudra pas aux acteurs et à ce casting quatre étoiles où les seconds rôles s’amusent (Laura Dern, Alba Rohrwacher, ...) et où le duo star se montre irréprochable. Adam Sandler prouve une nouvelle fois ses talents d’acteur sérieux avec un numéro presque mélancolique quand George Clooney se la joue méta en incarnant un personnage qui lui ressemble sur bien des aspects avec tout le charme qu’on lui connaît. Les clins d’œil sur sa carrière fusent et à nous de démêler le vrai du faux. Si la mise en scène de Baumbach n’a jamais été aussi sage mais soignée, on finit par s’ennuyer et la plupart des séquences en Europe sonnent faux et la caricature n’est jamais loin. « Jay Kelly » ressemble à un mélange de film de commande et de film hommage (terme dont il est justement beaucoup question ici) qui ne nous pas vraiment convaincu, nous faisant sentir le temps (très) long. Et, surtout, qui manque beaucoup de la magie inhérente à ce type de production...

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