J'ai bien aimé Pourquoi ces choses sont si belles. J’ai quelques réserves. Mais commençons par ce qui m’a plu.
Le film de Lyne Charlebois nous plonge dans le Québec d’avant ma naissance, celui de la Grande Noirceur. Cependant, il y avait déjà dans ce Québec d’un peuple en mal d’émancipation, rassemblé autour de l’Église, des lumières. Marie-Victorin et Marcelle Gauvreau en faisaient partie. Lui, esprit libre, professeur d’université, grand botaniste, créateur du Jardin botanique. Elle, son élève, son admiratrice, sa muse et… son amoureuse. Car oui, si leur l’amour était platonique, il n’en était pas moins intense et fort.
L’œuvre est librement inspirée de la correspondance entre le frère Marie-Victorin et Marcelle. Tout cela est très beau, subtil, délicat, sensuel, inspirant. De plus, c’est joliment filmé et remarquablement joué par les deux acteurs principaux, Alexandre Goyette et Mylène Mackay.
Malheureusement, la réalisatrice a plaqué sur ce beau récit d’époque, une liaison entre les deux comédiens. Certains aiment ce parallèle entre cet amour sans sexe et ce sexe sans amour, le jugeant astucieux ou harmonieux.
Au contraire, « cette mise en abîme » m'est apparue comme un cheveu sur la soupe. Au mieux, comme une coquetterie de style, parfaitement inutile. Elle m'a surpris et agacé, ce qui a diminué mon intérêt pour ce film. Comme Charles-Henri Ramond, de Films du Québec, il me semble que cette superposition n’éclaire en rien l’histoire de Marie-Victorin et Marcelle Gauvreau. Comme lui, j’estime que « cet ancrage dans le présent s’intègre mal » à ce film d’époque. Dommage !