« La mise en scène sobre et précise du réalisateur belge, avec ses cadrages serrés et une caméra tenue à la main, met en évidence la spirale du désarroi dans laquelle se trouve entraînée l'héroïne, campée par une Émilie Dequenne à fleur de peau et d'une justesse troublante. »
« D'une caméra semblant épier à la dérobée ses personnages, nuancés comme on en voit rarement au cinéma, Joachim Lafosse laisse le malaise s'installer imperceptiblement entre le couple (solide Tahar Rahim, époustouflante Émilie Dequenne) et son bienfaiteur (Niels Arestrup, d'une troublante vulnérabilité. »
« À perdre la raison est un film fort, bouleversant, fascinant, sur la déroute psychologique d'une femme et sur le contexte familial atypique qui a contribué à sa spirale autodestructrice. »
« Une tragédie aux accents antiques mais résolument moderne, portée par trois comédiens fouillant avec une rare intensité les détresses et les violences extrêmes de leur personnage. »
« Auscultation, autopsie d'un drame, voilà ce qu'est le film, qui sonde un peu partout pour comprendre ce qui relève de l'inconcevable. Une tension est savamment entretenue, qui contracte le coeur, du début à la fin. Pas la moindre goutte de sang, mais paroles, gestes et silences, tout fait mal, ici, comme des coups de poignard. »
« Animé des meilleures intentions (la cause des femmes), le réalisateur semble ne pas voir qu'il reproduit, à force de réalisme psychologique, ce qu'il dénonce. Il martyrise pendant deux heures cette jeune mère, la rendant toujours plus triste, plus paumée, plus abîmée, lui refusant le moindre sursaut de rébellion. »
« La puissance d'évocation du film, qui fait de la douceur une arme plus destructrice que la violence, est indéniable. Les acteurs y sont impressionnants d'intensité dans la retenue, la mise en scène, en caméra portée et cadrages serrés, soutenue par une musique baroque qui court droit à la mort, est oppressante à souhait. »
« La mise en scène est limpide, sans jeu d'ombre ni de suspense, les trois acteurs principaux - Emilie Dequenne, Tahar Rahim et Niels Arestrup - époustouflants. »