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Un Conte pour tous drôle et envoûtant

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Si j’étais une fillette de 5 ou 6 ans, je donnerais cinq étoiles à Ma belle-mère est une sorcière. Telle une potion magique, tous les ingrédients s’y retrouvent pour en faire une comédie familiale où enchantement et émotions s’équilibrent.

Deuxième long métrage de Joëlle Desjardins Paquette (Rodéo, 2022), Ma belle-mère est une sorcière s’inscrit dans la prestigieuse collection des Contes pour tous, initiée dans les années 1980 par Rock Demers (La guerre des tuques, Bach et Bottine et tant d’autres!). Fidèle à cette tradition, le film tisse un récit familial saupoudré de fantastique, où la magie devient le reflet des bouleversements de l’enfance.

Après la séparation de ses parents, Margot (Juliette Aubé), une préadolescente un peu marginale, se met en tête de réunir sa famille coûte que coûte. Mais son plan prend une tournure inattendue lorsqu’elle découvre qu’une mystérieuse femme (Marilyn Castonguay) s’est installée chez elle et semble avoir envoûté son père (Pierre-Yves Cardinal). Convaincue d’avoir affaire à une véritable sorcière, Margot redouble d’ingéniosité pour conjurer le sort. Elle trouve alors une alliée improbable en Madame Dalloway (Marc-André Leclair), excentrique « spécialiste » de l’occulte, pour l’aider à chasser cette belle-mère inquiétante afin de ramener l’harmonie au sein de son foyer.

Le scénario de Dominic James et Christine Doyon reprend des motifs classiques (la belle-mère suspecte, l’enfant qui tente de rétablir l’ordre familial), mais les traite avec une fraîcheur et une dose d’humour qui évitent le cliché. Quelques longueurs au démarrage et des scènes répétitives ralentissent quelque peu le rythme, mais la tendresse et la sincérité de la proposition l’emportent, notamment grâce à la justesse du jeu des comédiens.

La complicité transparaît à l’écran, et on devine que l’équipe s’est amusée à créer cet univers farfelu, ce qui ajoute une légèreté contagieuse à l’ensemble. La jeune Juliette Aubé – qui nous avait déjà charmé dans la série et le film L’œil du Cyclone – est tout aussi attachante, portant avec aplomb le conflit intérieur de Margot. Marilyn Castonguay, toujours excellente, incarne une belle-mère nuancée, loin des caricatures. Mais ce sont surtout les seconds rôles qui sont les plus savoureux : Étienne Cardin, qui interprète Éli-Antoine, le meilleur ami de Margot, est mignon comme tout et apporte un humour tendre à plusieurs scènes. C’est sans contredit Marc-André Leclair (alias Tracy Trash) qui vole la vedette en « Drag Witch » hilarante et on ne peut plus mordante. Plusieurs répliques de son personnage sont les plus savoureuses du film (d’un point de vue d’une adulte, évidemment…).

La photographie est soignée, les costumes réussis et les effets spéciaux discrets, mais efficaces. L’ambiance fantastique est dosée pour être accessible aux enfants, sans tomber dans l’horreur. Ils auront probablement quelques frissons… mais juste assez, question de ne pas alourdir la charge mentale des parents. On remercie la réalisatrice.

Ma belle-mère est une sorcière réussit donc son pari : divertir les enfants, amuser les parents et perpétuer une tradition cinématographique québécoise précieuse. Un film qui se regarde avec un sourire complice, et qui rappelle qu’au-delà des sorts, la vraie magie reste celle des liens familiaux.