Affiche du film  Tueur à gages : Agent 47
© 20th Century Fox

Tueur à gages : Agent 47

Version en français
v.o.a. : Hitman: Agent 47
21 août 2015

Sans peur, sans coeur et sans âme

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

C'est bien connu; les films inspirés de jeux vidéo ne sont jamais les plus réussis de l'industrie. Il y a eu d'innombrables exemples de ces tentatives manquées, qu'on pense à Max Payne, Need for Speed, Prince of Persia ou Resident Evil (qui aurait dû s'en tenir à un seul chapitre). Ce n'est pas la première fois qu'Hollywood tente d'adapter Hitman au cinéma. En 2007, il s'était efforcé de transposer l'histoire du tueur à gages de la compagnie IO Interactive au grand écran, mais les résultats avaient été peu satisfaisants. Le film avait obtenu des critiques plutôt tièdes, qui ont refroidi Fox pour huit ans. Maintenant que la poussière est tombée sur les erreurs passées, le studio a décidé de donner une seconde chance à son agent 47. Malheureusement, il semblerait bien que ce nouvel effort soit encore pire que le premier.

Tout - ou presque - est boiteux et décousu dans Tueur à gages : Agent 47, à commencer par la trame narrative. Le générique d'ouverture est en fait une introduction à l'univers de Hitman et une description de la création du surhomme et de ses facultés par une voix féminine robotisée. Déjà là on sentait que nous n'étions pas en présence d'une oeuvre particulièrement originale, et la chose ne s'améliore pas lorsque l'histoire principale se développe. Les décisions que prennent les personnages sont souvent abjectes et ne concordent pas avec le portrait préalablement établi de leur personnalité respective. Les différents revirements narratifs qu'on nous présente s'avèrent tout aussi ridicules, on n'a qu'à penser à la manière dont Katia finit par retrouver son père et la façon dont elle choisit de l'aborder. Cette pseudo morale du « On détermine ce qu'on est par ce que l'ont fait » est aussi complètement farfelue et la façon que les scénaristes ont choisi de la présenter est contrefaite, voire pathétique. Nous sommes même ici à deux doigts de la caricature, et ce n'est pourtant pas dans cette direction que voulait aller le scénario sérieux de Tueur à gages : Agent 47.

Le montage nerveux, les lumières stroboscopiques durant les scènes de tuerie et la musique heavy métal ne sont pas suffisants pour déterminer le caractère d'une production et de son efficacité. Certaines cascades sont passablement intéressantes. Elles arrivent à dynamiser un brin la production, tout comme quelques combats adroits entre les deux surhommes - Hitman et John Smith (interprété par Zachary Quinto) qui équivaut en qualité à des films de plus grande envergure. Mais, inutile de dire que quelques affrontements vigoureux ne pardonnent pas l'incohérence globale...

Tueur à gages : Agent 47 est pire que son prédécesseur parce qu'on a des attentes plus grandes aujourd'hui, parce que les comparatifs et les rapprochements avec d'autres productions du même type sont plus évidents et presque inévitables. Le film d'action de Aleksander Bach, bien que carabiné et sanglant, manque d'audace et d'originalité pour se différencier au sein d'une cinématographie riche et de plus en plus effrontée.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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