Affiche du film  Tuer pour aimer
© Les Films Equinoxe

Tuer pour aimer

Version en français
v.o.a. : Killers
4 juin 2010

Tuez-les qu'on en finisse

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Bien que les prémisses vous rappelleront peut-être Le nouveau voisin, M. et Mme. Smith ou même le plus récent chapitre de Mission : Impossible, cette nouvelle comédie d'action de Robert Luketic est plus prévisible et ennuyante que ses équivalents cinématographiques. Bien au-delà du jeu stéréotypé et incolore des deux acteurs principaux, le long métrage se hasarde dans de multiples avenues disparates - comme incertain de ses véritables intentions - enchaînant maladroitement comédie, action, romance et suspense sans constance ni méthode.

Alors qu'elle vient à peine de rompre avec son petit copain, Jen s'envole pour Nice avec ses parents. Là-bas elle fait la rencontre de Spencer, un jeune homme charmant pour qui elle a le béguin immédiatement. Ce qu'elle ignore par contre c'est que son nouvel idylle est un espion envoyé en France en mission secrète. Mais Spencer n'en peut plus de cette vie d'aventures, il veut s'établir quelque part et y rester pour de bon. Jen est peut-être la chance qu'il attendait. Il épouse donc la jeune femme et les tourtereaux s'installent dans une jolie maison dans une banlieue tranquille. Mais trois ans plus tard, après que Spencer ait reçu une carte postale de son ancien patron, des tueurs s'élancent à ses trousses dans l'espoir de décrocher la récompense qui pèse sur sa tête.

Katherine Heigl et Ashton Kutcher donnent une performance plutôt regrettable. Au-delà de ses muscles d'acier et de son regard séducteur, Kutcher n'a rien d'un agent secret international (même Steve Carell était plus crédible dans Max la menace). Quel espion révèlerait subitement à une fille qu'il connaît à peine (moins de 24 heures) que son métier consiste à tuer des gens pour vivre? Qui risquerait sa vie et son identité pour une inconnue? (réponse : seulement les imbéciles dans les mauvais films). Quant à Heigl, son jeu est à l'image de la réalisation de Luketic; froid et monotone. Lorsqu'elle ne hurle pas hystériquement, la pauvre s'offusque pour une insignifiance (ou reprend tout simplement son souffle pour un autre cri assourdissant).

Tous les clichés habituels se retrouvent dans ce film : lorsque ce n'est pas une réconciliation sur une musique dramatique, c'est un combat étourdissant avec un ennemi inattendu. Les coïncidences se suivent effrontément et les décisions inconséquentes des protagonistes ne parviennent qu'à déconcerter davantage le spectateur (des dizaines d'ennemis sont à nos trousses, retournons donc inconsciemment à la maison nous jeter dans la gueule du loup...). La morale, les valeurs transmises dans le film sont également très sommaires et souvent complètement privées de sens.

Tuer pour aimer mélange (trop) de genres différents, passant de la comédie dramatique au film d'action sans le moindre préambule. L'humour est généralement assez inopérant, tout comme la réalisation qui maintient le public à distance. Rien pour révolutionner le genre, ni même pour occuper une journée pluvieuse. Regardez la bande-annonce (qui révèle tous les détails, ou presque), cela vous épargnera une heure quarante de déplaisir et une envie malsaine que les bons se fassent tuer pour que finisse votre calvaire.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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