Affiche du film
© Paramount Pictures

Thor

Version en français
v.o.a. : Thor
5 mai 2011

Pendant ce temps chez les dieux...

Photo Par Karl Filion

Plus récent Avenger à paraître sur les écrans (en prévision du méga-projet The Avengers, attendu en 2012), Thor est un héros éclectique dans l'univers Marvel : il n'est pas le fruit d'une expérience scientifique qui tourne mal, ni la création d'un scientifique fou; c'est un dieu, inspiré de légendes scandinaves, dont les pouvoirs sont « magiques ». Dans l'univers « aussi-réaliste-que-possible » instauré par les Iron Man et le The Incredible Hulk, cela fait déjà un énorme changement de ton, qui affecte grandement les relations interpersonnelles entre les personnages. Assez pour nous faire réaliser que c'est sans doute ce qui plaisait tant avec Iron Man...

Parce que la mythologie entourant le personnage n'est pas la plus connue et la plus populaire en-dehors des cercles de fanatiques des comic books, il faut passer beaucoup de temps à expliquer la fonction de chacun des personnages, à les mettre en place dans l'univers complexe d'Asgard et de la Terre. Tant et si bien que quand le film se termine, on a l'impression qu'il vient de commencer et que les enjeux viennent à peine d'être cernés. Il n'y a pas de véritable noeud dramatique digne de ce nom, entre la quête de Thor pour reprendre possession de son marteau et les recherches de quelques scientifiques sans evergure...

La faiblesse de Thor, c'est que son acteur principal, Chris Hemsworth, n'a pas le charisme ni le talent d'un Robert Downey Jr. ou d'un Edward Norton; il a le corps parfait pour être Thor, ça c'est certain, mais il n'a certainement pas l'humour du premier et l'intelligence émotive du second quand vient le temps de faire autre chose que de se battre. Mais pour se battre, il fait très bien l'affaire. Natalie Portman, Kat Dennings et Stellan Skarsgard, qui lui donnent la réplique, s'acquittent bien de leur tâche, tandis que Tom Hiddleston se tient entre grandiloquence et talent...

À la réalisation, Kenneth Branagh semble légèrement confus et cela transparaît dans sa caméra, qui semble toujours à la traîne de l'action, comme à la recherche du véritable point d'intérêt de cette histoire; sont-ce les décors grandioses d'Asgard? les personnages aux « accents » (bof...) shakespeariens? les bagarres terrestres? la relation d'amour (ridicule et inutile) entre Thor et Jane (j'ai failli écrire « Tarzan »)? Ses cadrages désaxés nuisent aussi à la fluidité des bagarres, qui sont parmi les moins réussies des Avengers jusqu'à maintenant. L'ampleur du récit compense cependant pour ces quelques moments plus faibles.

On doit apprécier la cohérence générale du film, qui s'intègre bien dans l'univers que Marvel essaie de bâtir en vue de la sortie de The Avengers en mai prochain. On n'aura bientôt pas le choix d'avoir des attentes démesurées envers ce projet qui promet d'être la quintessence d'un travail de longue haleine qui aura réuni beaucoup de gens talentueux dédiés à faire du divertissement intelligent. Thor s'inscrit sans rougir dans la lignée de ses prédécesseurs. Cela dit, il a à rougir de son utilisation complètement inutile du 3D, qui n'ajoute strictement rien à quoi que ce soit.

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Photo Karl Filion

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