Affiche du film  The Disappearance of Alice Creed
© Les Films Equinoxe

The Disappearance of Alice Creed

Version originale en anglais
18 août 2010

Fini le pays des merveilles

Photo Par Karl Filion

Il ne faudrait pas s'étonner outre mesure de trouver, parmi les dizaines de longs métrages qui ont pris l'affiche cet été, enfin un peu d'étonnement, de revirements imprévisibles et d'audace dans ce film à petit budget britannique (sans vedette de renommée internationale ni effets spéciaux) plutôt que dans les blockbusters interchangeables qui ont drainé toute l'attention depuis le mois de mai. Ce n'est pourtant pas sorcier : la simplicité est souvent bien plus payante que la surenchère. La preuve en est faite chaque semaine, et pourtant on continue à espérer.

Deux hommes mystérieux, le jeune Danny et l'expérimenté Vic, préparent méticuleusement le kidnapping d'Alice Creed, la fille d'un riche homme d'affaires à qui ils veulent soutirer de l'argent. Lorsqu'ils mettent leur plan à exécution, les deux hommes ont tout prévu. Danny démontre moins d'assurance que Vic, c'est donc ce dernier qui prend les choses en mains. L'étrange fascination de Danny pour la magnifique jeune fille qu'ils ont enlevée pourrait cependant le mettre dans l'embarras.

Les trois comédiens de ce long métrage modeste démontrent tour à tour un grand talent. Eddie Marsan et Martin Compston, l'un plus expérimenté, l'autre plus rafraîchissant, sont complices et convaincants, tandis que Gemma Arterton est d'un naturel désarmant. Littéralement. Reste que le film ne fonctionnerait pas si on ne croyait pas à la plausibilité de leurs personnages, ce qui est rendu possible par leur jeu naturel et leur charme britannique qui a déjà quelque chose d'inhabituel.

La simplicité du film en général est ici au service de la simplicité du scénario. L'efficacité que démontre The Disappearance of Alice Creed détonne d'autant plus qu'elle découle de la performance de trois acteurs seulement, de tout juste deux décors, d'un scénario bien ficelé et d'un montage rigoureux et bien rythmé qui est au service de cette intrigue dont les principaux revirements étonnent véritablement. En particulier parce qu'ils sont audacieux, mais aussi parce qu'ils sont drôles et qu'ils permettent au récit de progresser. Ils ne sont donc pas des digressions ni des apartés dont le seul objectif serait de faire rire; c'est bien pour ça qu'ils fonctionnent.

Excepté pour la finale, qui s'avère beaucoup moins rythmée et étonnante et dont les nombreux revirements sont aussi prévisibles que monotones. Dommage que l'audace et l'humour proposés plus tôt n'aient pas pu être appliqués à cette finale vraiment décevante considérant ce qu'on avait accompli jusque-là. Même à l'intérieur d'un film, une accumulation de revirements s'avère fatale.

Mais en général, voilà un film qui a fait le pari de la simplicité, et qui l'emporte haut la main. Les trois comédiens sont tous extrêmement convaincants, et le scénario manoeuvre bien à travers quelques décisions audacieuses qui auraient très bien pu rater la cible. Heureusement, plus souvent qu'autrement, The Disappearance of Alice Creed s'avère aussi efficace avec l'humour qu'avec la tension. Un film avec des surprises, c'est ce qui a manqué à notre été.

Partager sur : Twitter Facebook
Photo Karl Filion

Mes dernières critiques

Alexandre et sa journée épouvantablement terrible, horrible et affreuse
Le juge
Les apparences
Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
2 temps 3 mouvements
Qu'est-ce qu'on fait ici?
L'épreuve : Le labyrinthe
Aimer, boire et chanter
Site conçu et développé par Logo Libéo
Représentation publicitaire par Logo Moviefone
© 2016 Média Happy Geeks inc. Tous droits réservés.