Terreur sur la ligne

Version en français
v.o.a. : When a Stranger Calls
3 février 2006

Visite guidée

Photo Par Karl Filion
La recette a fonctionné mille fois, pourquoi pas une de plus? Encore un film qui compte sur la stupidité de l'ensemble de ses personnages pour fonctionner. Et ça, ça gâche un peu l'effet effrayant. Surtout qu'on a l'impression qu'on nous prend par la main pour nous montrer ce qui pourrait éventuellement nous faire peur.

Le réalisateur Simon West (Air Bagnards, Lara Croft : Tomb Raider) reprend à la sauce actuelle, c'est-à-dire avec une jeune, jolie, et inconnue actrice, un film qui date déjà de 1979. Le résultat n'est pas très convaincant, entre la simple visite guidée d'une très jolie maison et une copie manquée de Frissons.

Jill Johnson doit aller garder les enfants d'un couple très riche dans leur maison reculée du Colorado. Malgré l'ennui, tout se déroule bien, jusqu'à ce qu'un inconnu commence à téléphoner à Jill pour lui demander si elle a vérifié l'état des enfants. Et si on a vu la bande-annonce, on sait qu'il appelle de l'intérieur de la maison. Rien pour étonner le plus honnête cinéphile dans la salle de cinéma. Parce qu'il faut vraiment beaucoup de bonne volonté pour apprécier Terreur sur la ligne pour ce qu'il est : un film d'horreur de commande. Parce qu'il faut bien nourrir les enfants.

Camilla Belle incarne donc cette Jill Johnson, maladroitement punie par ses parents pour avoir utilisé toutes les minutes de son téléphone cellulaire. Entre courir partout et crier, elle n'a pas grand-chose à faire, on ne peut donc lui reprocher quelque chose de précis, si ce n'est que d'incarner un personnage particulièrement mince. Bon, on brouillonne bien quelques motivations juvéniles mais franchement, rien de bien convaincant. Et comme toutes les autres, elle démontre beaucoup de courage, de détermination et des nerfs d'acier pour affronter le méchant.

Le réalisateur s'amuse – bon, allez s'avoir s'il a vraiment du plaisir – à filmer la maison dans tous les sens et dans tous les recoins. En tout cas elle est propre. Et ces lumières qui s'allument toutes seules sont bien impressionnantes. En dehors de ça, l'ambiance est installée par les habituels planchers qui craquent. Il fait noir et il vente, la voiture ne démarre pas, difficile d'entrer la clé dans la serrure, le chat qui déclenche l'éclairage. Il y a aussi des endroits sombres et des recoins où pourrait se cacher un éventuel malfaiteur. Il y a aussi la musique ultra-appuyée qui est tellement nécessaire à l'effet dramatique qu'elle n'est même plus un outil, plutôt une fin en soi. Peu d'ingéniosité, surtout du recyclage.

On ne peut certainement pas dire que le scénariste a voulu s'éloigner des sentiers battus. En fait, on utilise la technique séculaire du : il y a du bruit, est-ce un méchant? Non c'est le chat. Ou le vent. Ou la bonne. M'enfin. Et là on répète, et répète, pour faire un film assez long. Sauf qu'au lieu d'installer une ambiance effrayante, on réussit à faire paraître 86 minutes plus longues qu'elles ne le sont vraiment. Et pour ouvrir et terminer le film, deux séquences idiotes, inutiles et filmées en amateur.

Au final, on retiendra de Terreur sur la ligne son peu d'effort pour se différencier des autres films d'un genre saturé de films insipides. Aucun doute que les amateurs du genre y trouveront leur compte. Jusqu'à ce qu'un jour ils en demandent un peu plus.
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Photo Karl Filion

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