Affiche du film  Ted 2
© Universal Pictures

Ted 2

Version en français
v.o.a. : Ted 2
26 juin 2015

50 nuances d'ourson

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Peut-être que certains se sont mépris en allant voir le premier Ted, croyant qu'il s'agissait d'une comédie légère ou pire (et quelques-uns l'ont fait) un film familial. Mais désormais, personne ne peut se fourvoyer; les cinéphiles savent que Ted (et Ted 2) est un film vulgaire, effronté, obscène et irrévérencieux qui se permet des blagues scatologiques disgracieuses et des propos offensants dans un langage trivial scandaleux.

Les spectateurs qui paieront pour voir la suite des aventures de cet ours en peluche à la langue bien pendue s'attendent à des blagues de gais, de drogues, de spermes, d'urine et de pénis de noirs. Et, croyez-moi, ils seront servis. À l'image du premier opus, le long métrage n'y va pas dans la dentelle. Seth MacFarlane et son équipe ont trouvé de nouvelles répliques, encore plus salaces qu'auparavant, à mettre dans la bouche de l'ourson. « Y'a pas de filles avec des queues, juste des gars avec des seins », dira-t-il entre autres à son ami et propriétaire John Bennett alors que ce dernier consomme, selon lui, trop de porno sur internet (vous voyez le genre).

Malheureusement, il n'y a plus l'effet de surprise qui faisait tout le charme du premier Ted. Nous nous attendons maintenant à ce que l'ours en peluche fume des joints, boive de l'alcool et tienne des propos machistes. Plusieurs des rires du film original étaient issus de cet étonnement généré par chacun des gestes inconvenants que posait l'ourson. Ils sont donc beaucoup moins nombreux dans Ted 2. Par contre, le film n'est pas complètement dénué de surprises. Malgré sa plus grande prévisibilité, le film parvient tout de même à déjouer nos présomptions et à nous étonner. Le long métrage renferme encore de ces moments magiques où on se dit : « Non! Ils n'ont pas osé?! », et nous en sommes fort aise.

Les prémisses d'une suite comme celle-ci ne sont généralement pas très élaborées, on veut profiter de l'engouement pendant qu'il est encore vivant souvent aux dépens d'une bonne histoire. Pourtant, la proposition de Ted 2 : Est-ce que Ted, un ours en peluche qui parle et vit, peut être considéré comme une personne à part entière ou s'il n'est qu'un bien? en est une vraiment intéressante, et soulève un débat pertinent, peut-être d'ailleurs beaucoup trop élaboré pour un film comme celui de MacFarlane. Bien que le récit nous garde en haleine, le rythme de l'action s'effrite, tout comme l'attention du spectateur qui n'en vient qu'à attendre la prochaine blague vicieuse sans s'intéresser particulièrement au dénouement. Les vingt premières minutes du long métrage sont excellentes; joliment déplacées et audacieuses, mais dès qu'on entre dans le vif du sujet, la flamme n'y est plus.

Mark Wahlberg est à nouveau adorable dans un rôle de cet adulescent qui a pour meilleur ami un ours en peluche parlant. Le nouveau personnage principal interprété par Amanda Seyfried n'est pas crédible (une jeune avocate qui fume du pot devant ses clients est complètement insensé), mais on s'y attache rapidement malgré tout. Et que dire des brillants caméos, notamment celui de Liam Neeson, qui nous laisse pantois!

Ted 2 n'a certes pas le panache de son prédécesseur, mais celui qui consomme Ted pour ses blagues scatologiques et sa grossièreté attachante saura certainement y trouver son compte.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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