Affiche du film  Tamara Drewe
© Métropole Films Distribution

Tamara Drewe

Version en français
v.o.a. : Tamara Drewe
v.o.a.s.-t.f. : Tamara Drewe
19 novembre 2010

La petite voisine

Photo Par Karl Filion

La jolie frimousse de Gemma Arterton et les prémisses de Tamara Drewe laissaient présager une comédie dramatique dynamique (peut-être même sexy!), posant un regard moqueur sur la rencontre entre la ville et la campagne, entre la jeunesse et l'expérience, l'insolence et les conventions. Et les premières minutes du film jouent effectivement sur ces oppositions. Mais qu'en est-il vraiment? De quoi est fait ce film? Le drame est si anodin et si maladroitement emmené qu'il est impossible qu'il s'agisse d'un véritable film dramatique. Pourtant, l'humour est si prévisible et si conventionnel qu'il ne peut s'agir d'une comédie; qu'est donc Tamara Drewe?

Nicholas Hardiment est un écrivain jouissant d'une grande popularité. Sur sa ferme, dans la campagne anglaise, il accueille des écrivains en herbe en quête d'un endroit paisible pour écrire. C'est donc Nicholas et sa femme Beth qui s'occupent deux pendant leur séjour, avec le garçon de ferme Andy. Lorsque Tamara Drewe, journaliste à Londres, vient s'installer dans la maison voisine et s'entiche d'un musicien, le paisible quotidien des invités est bouleversé. Surtout pour les deux adolescentes du coin, amoureuses du musicien en question.

Suite de revirements dramatiques plus juvéniles que dynamiques, le film se contente de quelques stéréotypes assez peu inspirés; les adolescentes deviennent vites de caricatures un peu simplistes (et les sauveuses d'un récit qui ne s'auto-suffit pas, qui ne pourrait continuer sans elles), et le chassé-croisé amoureux (oui, Tamara va surprendre l'homme qu'elle aime (mais qu'elle a rejeté) par la fenêtre avec une autre femme) est particulièrement mièvre, à coup de courriels ambigus et d'infidélités.

Le film semble beaucoup s'amuser du langage de ces ados et des mots grossiers qu'elles utilisent, de la même manière qu'il semble ridiculiser le musicien de rock ultra-urbain (qui porte du mascara!). Au lieu d'un clash inspiré et inspirant entre ces deux univers, on croirait vraiment voir le monde à travers le regard de soixantenaires fatigués qui sont dérangés par le bruit des voitures. Des flash-backs (où Tamara est munie de son gros nez) donnent eux aussi allègrement dans la parodie et un humour douteux. On dirait qu'il n'y a que le réalisateur qui s'amuse, et c'est d'assez peu d'intérêt.

L'absurdité du récit est inassumée : dans la première partie, on prépare l'auditoire à tous les revirements dramatiques importants de la deuxième partie, comme pour les justifier, si bien que quand on remarque qu'un chien vient déranger les vaches, mais sans conséquence, on se dit bien qu'il recommencera (avec des conséquences plus graves cette fois), de la même manière qu'on s'imagine bien que si le mari infidèle s'en tire la première fois, il sera pris la deuxième... Tout ça fait que le déroulement de Tamara Drewe ne surprend guère, même qu'il ennuie franchement, alors que le récit s'étire en longueur.

Malgré quelques bons moments, il reste bien peu de temps pour s'amuser ou s'émouvoir. Reste les comédiens, qui sont effectivement talentueux, dynamiques et entièrement dédiés, mais qui ne parviennent pas à sortir le film des lourdes conventions dans lesquelles il s'est empêtré.

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Photo Karl Filion

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